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On va l'avoir ce diplome!!!
June 08

expose famille et culture d'origine

Voici l'exposé d'un des groupe de la classe sur les famille...
Bonne lecture
Amandine
 

 

    Jean-François VIGNOLLE

    Michèle TACHE

    Sabine BACHERINI

    Esther COUDRAY

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

FAMILLE

 ET

CULTURES

D’ORIGINE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Exposé élaboré à partir des textes suivants :

 

 - « Race et histoire » de Claude Lévi-Strauss (1952)

 - « Dieu d’eau » de M. Griaule (1996)

 - « Le procès de Dalla F. » par M. Lefeuvre dans la revue du MAUSS n°4 (1989)

 - « La réforme du code de la famille marocain… » par S. Zappi, Le Monde, 17 sept. 2004

 - « Nous et les autres » Tzvetan Todorov (1989)

 - « Le cas Astrée » Melampous n°5 et 6, hiver 1996

 - « La difficile adaptation des immigrés » Approches transculturelles, L’école des parents, avril 2001

 - « Médiation interculturelle » Actualités Sociales Hebdomadaires, n°2205, 9 mars 2001

 - « M. Bouteflika propose d’améliorer le code de la famille… » Le Monde, 6 déc. 2003

 - «  Familles recomposées, la loi et non l’exception » Sciences Humaines, hors série n°7, déc. 1994, janv. 1995

 « Serons-nous des pères australiens ? » de N. Journet, Sciences Humaines n°101, janv.   2000

 

 

Dans cet exposé, nous aborderons la question de la famille de différents points de vue, nous mettrons en évidence les problèmes qui surgissent lorsque plusieurs modèles familiaux cohabitent, nous présenterons le point de vue de la loi et les méthodes proposées pour palier à ce problème. Nous verrons aussi les différentes positions que les sociétés adoptent à l’encontre des « immigrés » et nous réfléchirons sur la position que nous, travailleurs sociaux, nous devons avoir pour venir en aide, et surtout, pour ne pas être un frein à l’échange inter-culturel, ou à la transculturalité.

 

Modèles familiaux à travers le monde :

 

Dans cette première partie, nous verrons quelques modèles familiaux, qui diffèrent selon les cultures. Nous verrons le modèle occidental, le modèle matrilinéaire, et enfin le modèle patrilinéaire. Nous aborderons ensuite la filiation et la mobilité infantile chez certains peuples.

Dans le modèle occidental, nous avons vu au travers des siècles se forger un idéal familial, basé sur l’image du père et sur l’enfant élevé par ses deux parents jusqu'à l’âge adulte. Nous avons pu constater l’existence de craintes vis à vis des recompositions, qui commencent depuis quelques années à s’estomper. Dans le cas d’une recomposition familiale, le nouveau partenaire est considéré comme un « simili-parent ». Son rôle est d’imiter le rôle paternel ou maternel avec ses « nouveaux enfants ». Quand les parents ne vivent plus avec leurs enfants, une sorte de relation plus amicale qu’autoritaire ressort, laissant place à la discrétion et à l’humour. Dans ce modèle familial, chaque enfant est descendant à parts égales de son père et de sa mère. Mais dans les deux autres modèles, des valeurs bien différentes sont prônées, comme la non-exclusivité des enfants, la pluriparentalité (considérée comme une éthique de la famille qui privilégie les valeurs communautaires, les enfants représentants les biens les plus précieux.). Les mariages arrangés servent à maintenir la solidarité. Mais voyons de plus près ces modèles.

Le modèle matrilinéaire se base sur le fait que l’appartenance d’un individu et ses droits ne se transmettent que par les femmes. Un enfant n’hérite donc pas de son géniteur mais des consanguins de sa mère. Il en dépend aussi souvent pour sa subsistance. La vie de ces enfants s’organise autour de la recomposition familiale. Le juriste Bachofen, théoricien du « droit maternel »  et le juriste MacLennan (en 1865) se rejoignent sur le fait que les régimes matrilinéaires venaient de la présence d’un matriarcat archaïque, qui renvoie à l’évidence que l’enfant a un lien très certain avec la mère puisque physiologique, tandis que pour le père, une incertitude peut demeurer. Dans le contexte ou le mariage n’est pas institué, la filiation est plus sûre par la mère. Chez les Mayombé, les enfants quittent leurs parents à l’adolescence pour rejoindre un frère de la mère. En cas de conflits entre père et fils, la mère peut rappeler à son mari que les enfants appartiennent à l’oncle maternel.

Le modèle patrilinéaire s’appuie sur le fait que l’individu (homme ou femme) reçoit son identité de son père, et ne peut transmettre l’identité que s’il est un homme. Ce modèle veut que les biens et les statuts s’héritent en ligne masculine. Chez les Mossi du Burkina Fasso, la femme mécontente de son premier mari peut retourner chez ses parents et leur demander de choisir son ou ses futurs maris. Cependant, elle doit laisser ses enfants dans la maison de son mari. Ses autres femmes ou ses parentes vont alors prendre en charge les enfants restés sans mère. Par contre, chaque enfant qu’elle aura reçu personnellement à élever restera toujours avec elle, quelques soient les conditions maritales.

Je vais maintenant aborder la filiation comme elle est vécue dans certains endroits de notre globe. Les géniteurs se privent de leurs enfants en les donnant à des membres proches ou lointains de leur famille. Chez les Gonja du Ghana, le père peut donner une fille à sa sœur et/ou un garçon à son frère. La mère peut donner son fils à son frère (oncle utérin). La seule obligation est de donner la troisième fille à la grand-mère maternelle. C’est tout un système d’échange. Une famille traditionnelle a dans sa maison, ses enfants (sauf ceux qu’elle a donnés) et les enfants de ses consanguins. 50% des enfants n’ont donc pas été élevés chez leurs parents biologiques. Les rôles parentaux ressemblent peu à ce que nous connaissons. L’exemple suivant parle de lui-même quant à la place des hommes, des femmes et des enfants. Chez les Gouin-Tyerma et les Samo du Burkina, les femmes vont s’unir deux fois, d’abord avec l’homme qu’elles aiment, il est vu comme un amant (relation autorisée par les parents pendant l’adolescence). Quelques temps plus tard, elle doit rompre définitivement avec cet homme pour s’attacher à celui qui sera son mari, un homme d’âge mûr. Dans ces deux tribus, les femmes arrivent souvent chez leur nouveau mari avec un ou plusieurs enfants. Ce mari les accueille et doit les élever. Il devient le « père social » de ces enfants. Chez les Samo, les aînés n’ont pas le droit de connaître leur père biologique. La paternité est vue comme une fonction valorisée. Chez certains peuples, l’adoption à l’intérieur de la famille est préférable. Elle n’esT pratiquée que lors de la maladie ou la mort de la mère ou le divorce des parents. Les enfants se retrouvent alors chez leurs grands-parents ou chez leurs tantes, sœur des parents. On retrouve cela chez les Indiens Nambikwara du Brésil, en Indonésie et chez les Sulka de Nouvelle-Bretagne. Mais en Malaisie péninsulaire, c’est bien différent. Si l’homme divorce, les enfants iront avec la mère car le contact avec la belle-mère pourrait leur causer du tord. Si la mère se remarie, il en va de même, le beau-père ne pourra vivre avec les enfants. Les enfants iront donc vivre avec leur grand-mère ou leurs tantes maternelles.

 

Approche transculturelle de la famille :

 

·        Immigrés : un compromis difficile entre culture d’origine et « culture d’accueil »

 

Les pays occidentaux connaissent un fort pourcentage d’immigration due au manque de ressources de leurs pays. Ce phénomène amène des familles à intégrer une nouvelle société de cultures différentes. Il est donc difficile pour ces familles de s’adapter au nouveau système dans lequel ils arrivent. Il se crée deux phénomènes : un ethnocentrisme réciproque entre immigrants et pays d’accueil ainsi qu’une transculturalité entre les deux.

Comment s’intégrer sans perdre sa culture et ses coutumes d’origines ? Comment ce déracinement influe-t-il sur la famille et sur sa façon de vivre?

Nous allons voir par un cas concret que ces familles immigrantes essayent de faire perdurer leurs traditions dans leurs nouvelles sociétés, sans forcément s’apercevoir que leur nouveau système fonctionne différemment et que des lois existent allant à l’encontre de leurs cultures et coutumes.

Dalla F., originaire du Mali, passe en procès pour avoir fait exciser sa fille de 5 ans dans l’hôtel où elle habite, en France. Elle ne sait ni lire, ni écrire et avec son mari, ils ont quitté leur village pour venir gagner de l’argent en France. Pour le père, l’excision est demandée par le prophète, et il dit « ne pas le faire est sale ». Dalla ignorait totalement que cette coutume était interdite en France. Ce qui est obligatoire dans son village d’origine, Kremis, est interdit en France, Dalla a donc obéit à la règle de son groupe. Un enfant non circoncis, c’est le déséquilibre, l’impure et la menace pour la famille. Le jugement n’entraînera pas le placement de l’enfant. Mais comment peut-on juger des gens ayant des croyances et coutumes différentes des nôtres ?

Quelles que soient nos solutions, une reste à portée de tous aujourd’hui : il faut laisser le temps aux différents peuples immigrants de s’intégrer et de faire évoluer leurs coutumes au contact de leur terre d’accueil, et des règles de cette société.

 

·        La médiation : une ouverture interculturelle

 

La présence en France de familles d’origines et de cultures diverses contraint à des ajustements des textes et des pratiques judiciaires. Ces familles doivent s’insérer dans un pays différent de leur pays d’origine. Elles sont contraintes d'arbitrer entre les exigences du droit qui régit leur société d’origine et celles parfois contradictoires de leur société d'accueil. Le droit français ne dispose pas de réglementation pertinente au regard de pratiques familiales et culturelles jusque là absentes du territoire national. Il postule l'égalité des membres de la cellule familiale, la supériorité de l'intérêt de l'enfant sur l'autorité parentale et conserve pour modèle de référence la famille nucléaire. Mais la jurisprudence reconnaît que toute personne, pour son statut personnel, est soumise à la loi du pays dont elle possède la nationalité, pour autant que l'application de celle-ci ne constitue pas une menace à l'ordre public. Cela laisse une large marge d'appréciation aux juges et peut conduire, dans des contextes similaires, à la prise de décisions parfois ambiguë et contradictoire vis à vis de certains actes perpétrés par ces familles immigrées. Il ne s’agit pas d’un dysfonctionnement de l'institution judiciaire, les juges expriment l'extrême difficulté qu'il y a à concilier les exigences du droit français, le souci de mettre fin à certaines pratiques en totale contradiction avec ces exigences et la volonté de prendre une décision compréhensible pour le justiciable sans passer par une répression rigoureuse. La complexité de la tâche conduit certaines instances judiciaires à préconiser le recours à des pratiques nouvelles, telles la médiation culturelle. Il s’agit de se donner les moyens de comprendre les motivations des différents acteurs et parvenir à prendre une décision qui ait du sens pour les parties impliquées.

Les médiateurs sont des psychologues ou des anthropologues formés par l’université française mais issus de la même ethnie ou d’un groupe culturel proche de celui de la famille du mineur. Outre le français, les débats s’effectuent principalement dans la langue maternelle des justiciables, le médiateur faisant office d’interprète au sens strict comme au sens culturel. La communauté de la langue permet de créer rapidement des liens entre le médiateur et la famille. La médiation peut permettre une situation de communication entre deux explications du monde complètement différentes (par exemple : l’une occidentale et rationnelle, l’autre africaine faisant référence au monde des esprits et à la sorcellerie). Les audiences sont plus longues, souvent deux heures, elles regroupent tous les membres de la famille invités par les titulaires de l’autorité parentale et les intervenant sociaux éducatifs ou les psychologues désignés par le juge. Sa mission est de faire émerger les problématiques spécifiquement culturelles : signification du nom, circonstances et modalités de départ du pays, les attaches qui y subsistent, la perception là-bas des difficultés d’ici et comment on chercherait à les traiter.

Les familles acceptent sans difficulté ces audiences qui se rapprochent des palabres traditionnelles encore existantes dans de nombreuses sociétés d’Afrique. La médiation inscrit le justiciable dans sa société d’accueil sans ignorer ou refuser sa culture d’origine. Le juge reste cependant vigilant à faire respecter les principes d’ordre public et la loi républicaine française. La médiation permet ainsi au justiciable de se libérer du  conflit de loyauté qu’on peut rencontrer parfois chez certains jeunes immigrés qui contestent violemment les lois françaises ou/et refusent de se conformer aux règles familiales.

La médiation culturelle n’existe pas que dans le domaine juridique mais aussi dans d’autres domaines : services sociaux d’aide aux émigrants (liens entre les institutions et les familles), services hospitaliers (aide à la compréhension et à l’acceptation du diagnostic et des soins), éducation nationale (faciliter la communication et la compréhension parents-professeurs, élèves-professeurs et parfois parents-élèves).

Se pose le problème de la formation de ces médiateurs. Se sont souvent des femmes originaires de pays variés (Algérie, Mali, Congo, Sénégal, Inde) collaborant bénévolement aux profils divers (interprète, infirmière, permanents d’associations, enseignants….). Très impliquées sur certains sujets sensibles (mesures de signalement, action éducative en milieu ouvert…), elles ont tendance à se départir de leur position d’interprète pour rendosser une posture d’usager. Il leur manque le recul nécessaire à l’analyse de leurs pratiques. Elles peuvent même parfois constituer un écran entre les institutions et les usagers retardant les changements de la situation.

Conscient d’être parfois manipulés, les travailleurs sociaux considèrent leurs interlocutrices comme des partenaires important pouvant les amener à réviser leur position. Mais ils revendiquent leur responsabilité dans la prescription de la médiation et se portent uniques garant de son bon déroulement.

Des cursus universitaires sont proposés pour les médiateurs qui agissent dans le cadre de la justice mais dans les autres domaines d’action il semble nécessaire de clarifier le statut et la formation de ces partenaires qui au regard de ces textes nous apparaissent indispensables. Indispensables dans cette société de plus en plus cosmopolite, revendicatrice des droits de l’homme, de la liberté et entre autres de la diversité culturelle mais qui, paradoxalement, connaît mal les différentes cultures qui la composent et ne facilite pas ainsi la construction d’une unité française à la culture métissée.

 

·        Les limites et les dérives de l’inter culturalité : les idéologies

 

Le livre de Tzvetan Todorov « Nous et les Autres» interroge la relation entre "nous" (le groupe culturel et social auquel on appartient) et "les autres" (ceux qui n'en font pas partie). Il nous invite à réfléchir aux questionnements suivants : Pourquoi donc la différence fait-elle si peur ? Pourquoi est-il si difficile à tant de monde de l'accepter et de la respecter ?

De tout temps les hommes ont rejeté ou accepté les peuples et les cultures qui ne leur ressemblaient pas, soit qu’ils les considéraient comme inférieures à la leur, soit qu’ils les trouvaient au contraire séduisantes.

Hérodote déjà, mettait en lumière l’opposition entre « l’idéale » civilisation grecque et les civilisations « barbares » égyptiennes, perses et mèdes. Homère quant à lui se croyant originaire d’Asie mineure en faisait les louanges et accusait le peuple grec d’être décadent.

Ces attitudes installant un clivage sans nuance perdurent dans le temps, mais arrêtons le un instant et posons-nous la question « comment peut-on, comment doit-on se comporter à l’égard de ceux qui n’appartiennent pas à la même communauté que nous ? »

Différentes idéologies ont marqué l’histoire et perdurent encore. L’ethnocentrisme 1 d’abord, qui sous prétexte de répandre des valeurs (pseudo) universelles (civilisation, évangélisation, etc.) chez les « sauvages », a provoqué le massacre de peuples innocents, l’exploitation de leurs richesses et l’affaiblissement de leurs identités culturelles.

L’idéologie universaliste 2 quant à elle, noble au demeurant, a injustement été accusée d’être ethnocentriste et impérialiste. En effet, les politiques coloniales se servent indifféremment de toutes les idéologies pour légitimer leur comportement (christianisme, anticléricalisme, nationalisme, etc.)

Le scientisme 3 est aussi une idéologie ayant perverti l’universalisme. A la différence de l’ethnocentriste qui identifie ses valeurs à lui avec les valeurs, et considère les caractéristiques propres à son groupe comme instrument destiné à l’universalité, le scientiste trouve les valeurs en dehors de lui, dans un monde objectif. Il justifie ses actions au nom de la science. Cette idéologie dangereuse explique les phénomènes humains et sociaux par la science posée comme valeur incontestable. Les pratiques eugéniques du régime hitlérien concernant la race aryenne en est un exemple.

Parmi les idéologies condamnables vient ensuite le relativisme 4. Cette idéologie comporte un paradoxe qui la rend indéfendable. En effet, elle se présente comme une vérité absolue alors même qu’elle  prône qu’il n’y a aucune vérité, que tout est relatif au contexte, au lieu, à la culture, etc. Une telle attitude est dangereuse, car relativiser c’est ne rien juger et ne rien condamner sous prétexte que telle tradition fait partie d’une autre culture et est soumise à des critères particuliers. Ainsi, le relativiste ne jugera pas l'excision comme mal, dans la mesure où elle fait partie d'une autre culture. Or, on peut se dire que l'excision porte atteinte à l'intégrité physique et psychique des femmes et est, en cela, condamnable. Un autre aspect dangereux du relativisme est qu’il ne recherche pas une valeur commune qui puisse réunir l’espèce humaine. En renonçant à cette unité il entraîne une certaine exclusion des cultures, empêchant leur rencontre et la confrontation enrichissante des différences.

Le nationalisme et l’exotisme ne valent pas mieux. Le premier relève d'un sentiment de supériorité qui fait voir tout de son propre pays comme meilleur, alors que l'exotisme est une espèce  « d'éloge dans la méconnaissance », car il fait juger que l'autre est meilleur sans le connaître.

Toutes ces idéologies ne sont pas satisfaisantes car les unes imposent des valeurs qu’elles jugent universelles, les autres excusent certaines traditions pourtant condamnables, elles ne respectent ni l’homme ni la diversité culturelle. L’auteur pose alors les questions suivantes « l’opinion commune concernant les jugements universels et relatifs n’est donc pas satisfaisante. Mais par quoi devons-nous la remplacer ? Comment pouvons-nous écarter, simultanément, les dangers de l’universalisme perverti (de l’ethnocentrisme comme du scientisme) et ceux du relativisme ?

Selon lui l’alternative serait de donner un sens nouveau à l’exigence universaliste, et de  défendre un nouvel humanisme 5 qu’il appelle « humanisme critique ». Il ne s’agit pas de définir une nouvelle « nature humaine », ni même d’unifier le genre humain à l’intérieur d’un même état. Il ne s’agit pas non plus de tomber dans le piège de l’observation empirique qui détermine abusivement si tels ou tels traits d’une culture ont ou n’ont pas une valeur universelle. Selon Todorov « les traits universels, relèvent non du monde empirique, objet de l’observation, mais de la démarche  même de l’esprit humain. Il s’agit de trouver en l’homme et non pas dans ces traits de culture ce qu’il y a d’humain et d’universel. L’universalité est un instrument d’analyse, un principe régulateur qui permet la confrontation féconde des différences. Mais cette universalité ne détermine aucune norme car ce que l’on pourrait considérer comme valeur universelle aujourd’hui peut ne plus l’être dans l’avenir. Ce qui est universel ce ne sont pas tels ou tels traits de culture mais la capacité qu’ont tous les être humain à refuser ces déterminations. La liberté serait donc le trait distinctif de l’espèce humaine. Bien sur nous sommes tous influencés et poussées par notre milieu à reproduire des comportements pourtant nous avons aussi la possibilité de nous en arracher.

Todorov veut nous dire que l’être humain à la possibilité de choisir tel ou tel trait de sa culture ou d’autres cultures. La spécificité du genre humain selon Montesquieu réside dans la possibilité qu’ont les hommes ne pas toujours obéir à leurs lois. C’est aussi ce que Rousseau voulait signifier en parlant de perfectibilité c'est-à-dire la capacité qu’à l’homme d’acquérir non pas telle ou telle qualité mais toutes les qualités.

Entendu ainsi, c'est-à-dire refus d’ériger en normes un quelconque trait culturel, l’universalisme retrouve sa noblesse. Il tient à distance les ethnocentristes qui croient concentrer en eux-mêmes l’humanité, l’être, le vrai et le bien et les scientistes qui ne s’interrogent pas sur la nature humaine.

Il tient également à distance le relativisme car il nous permet de discerner ce qui est du domaine de la culture et ce qui ressort de l'humain. On peut ainsi respecter la culture, tout en la jugeant à l'aune de l'humain, ce qui ne nous empêche pas de respecter ladite culture dans ses autres aspects.

C’est donc au nom de notre appartenance à la même espèce que l’être humain peut se rassembler dans l’universalisme. Montesquieu disait « un désir est légitime s’il peut devenir celui de tous », Rousseau disait « un intérêt est d’autant plus équitable qu’il est plus général ».

C’est au nom de cette notion de justice que l’universalisme trouve sa légitimité. On peut porter un jugement de valeur qui transcende nos frontières et condamner la tyrannie, le totalitarisme, et l’esclavagisme, mais il ne s’agit pas pour autant de déclarer une culture inférieure à une autre. S’autoriser à comparer les cultures c’est trouver plus à louer ici, ou à blâmer là.

 

·        Les limites et dérives de l’inter-culturalité : Où commencent les droits de l’humain ?

 

Comme nous avons pu le constater, depuis toujours et dans toutes les civilisations, les mœurs d’autrui dérangent fortement ceux dont les pratiques diffèrent. Dans nos sociétés modernes, nous avons l’habitude de qualifier de « sauvages » ou « barbares » des actes qui dépassent notre entendement. Dans « Race et histoire », l’anthropologue C. Lévy Strauss (1952), tente d’illustrer cela en s’appuyant sur une anecdote qui remonte à l’époque de la conquête des Amériques par le peuple Espagnol. Alors que ces derniers se questionnaient sur l’existence d’une âme chez les indigènes (à l’aide de tortures diverses), de leur côté, ceux-ci immergeaient leurs prisonniers Européens pour vérifier leur état de décomposition, ce qui prouvait leur appartenance au monde des vivants…Cet exemple nous donne à réfléchir sur les représentations que nous nous faisons (parfois malgré notre volonté ), et des jugements faciles que nous portons sur des coutumes dont nous avons du mal à saisir le sens. En effet, sur quels critères nous basons-nous pour prétendre que nos valeurs sont supérieures à celles d’autres peuples ? Peut-on alors se demander si la difficulté de certains immigrés, qui s’installent en France, à accepter nos lois et nos coutumes occidentales, réside dans le fait qu’ils se trouvent confrontés à un décalage si important, qu’ils ne peuvent à la fois en saisir tout le sens et y accorder de l’intérêt? De plus, n’avons nous pas le devoir, nous, peuple accueillant, de faire l’effort de connaître et d’accepter ce qui fait leurs valeurs ? Ceci dans le but d’échanger sur nos différences, et de mieux leur présenter ce qui, dans notre société ne peut être acceptable car en totale contradiction avec ce que nous défendons en termes de lois et de traditions, par exemple les droits de l’humain et l’interdiction de pratiquer l’excision ou la polygamie. Ce qui ne nous permet pas de nous juger supérieurs, mais simplement de dire ce qui nous est intolérable, sans pour autant rejeter d’emblée ce qui leur fait croire qu’une femme qui n’est pas excisée apportera la malédiction sur le reste de la famille et du village entier. Dans « Dieu d’eau », Marcel Griaule, ethnologue (1946), nous évoque sa lente initiation aux coutumes du peuple Dogon du Mali, et de la légende qui se rattache à la pratique de l’excision. Ainsi, Dieu (à l’image de l’homme) n’aurait pu tolérer que la femme lui soit égale et lui résiste, c’est pourquoi, pour la soumettre, il se doit de lui ôter un organe qui les mets sur un pied d’égalité. On estime le nombre de femmes excisées à environ cent trente millions à travers le monde. Ce chiffre augmente de deux cents mille cas par an au rythme de six mille par jours. Cela concerne au total cinq petites filles par jour. Lutter contre cette pratique est devenu urgent, et pas seulement parce que cela ne concorde pas avec nos valeurs morales, mais surtout parce que la petite fille soumise à cette pratique n’a pas d’autre choix, et que sa vie et sa santé physique et morale sont en jeu. Que dire également sur la souffrance éprouvée pendant l’acte, et des séquelles qui en résultent, sachant que les pays où on lieu ces conduites ont signé la Convention Internationale des Droits de l’Enfant et approuvé l’article 19 relatif au devoir de protection des gouvernements envers les enfants? C’est pourquoi il nous appartient de ne pas sombrer dans un relativisme qui nous laisse croire que, puisque ces coutumes ont un sens pour les peuples qui l’accomplissent, il nous est interdit de les questionner. Le deuxième sujet  concerne la réforme du code de la famille algérien et marocain. Alors que certaines femmes algériennes se battent pour obtenir des droits leur laissant plus de liberté de décision, les marocaines ont vu leurs revendications aboutir. Ce qui n’empêche pas les marocains résidant en France de refuser cette réforme et d’abuser des droits que le confère la législation française. En effet, en France, les femmes immigrées sont subordonnées à la situation de leur mari et aucun texte de loi ne vient légiférer sur leur statut. Ainsi, lorsqu’un marocain  refuse d’accorder le divorce à sa femme, il lui suffit d’aller dans son pays d’origine et de lui confisquer ses papiers d’identité. Cette dernière se retrouve alors séquestrée dans son pays d’origine, n’ayant aucun moyens de se défendre. Les autorités consulaires de leur côté refusent de recevoir et d’entendre ces femmes.

Se pose alors la question des moyens mis en place par le gouvernement du pays d’accueil pour prendre en compte la diversité des coutumes et traditions des populations reçues et de la nécessité de mettre en place un système de médiation pour faciliter la transition, parfois brutale, que vivent ces personnes en arrivant en « terrain inconnu ».

 

 

En ce qui concerne notre pratique du métier d’EJE,  il nous semble important de retenir que la diversité se retrouve non seulement (mais pas uniquement) parmi les nationalités des usagers avec qui nous seront amenés à entrer en relation, mais aussi dans les différentes pratiques et convictions de chaque professionnel rencontré sur le terrain. A nous de ne pas rester figés dans des certitudes qui ne nous permettrait pas de faire évoluer nos pratiques de manière bénéfique pour toutes les personnes concernées.

 

 

 

 

 

ANNEXE

 

QUELQUES DEFINITIONS

 

 

 

1 : Ethnocentrisme :

 

Tendance à valoriser la manière de penser de son groupe social, de son pays, et à l’étendre abusivement à la compréhension des autres sociétés.

 

 

2 : Universalisme :

 

Opinion qui ne reconnaît d’autre autorité que le consentement universel.

L'universalisme philosophique considère que tous les citoyens du monde ainsi que leurs cultures doivent être respectés.

 

 

3 : Scientisme :

 

Tendance philosophique de la fin du 19e siècle, selon laquelle l’explication des phénomènes humains et sociaux, et, par-delà, la satisfaction de toutes les aspirations de l’humanité, supposent le recours généralisé aux méthodes et aux acquis des sciences de la nature et des mathématiques.

 

 

4 : Relativisme :

 

1 : (philo) doctrine selon laquelle toute connaissance est relative, dans la mesure où elle dépend d’une autre connaissance ou est liée au point de vue du sujet.

 

2 : doctrine selon laquelle les valeurs morales, esthétiques, etc., dépendent des époques, des sociétés, des individus et ne sauraient être érigées en normes universelles.

 

 

5 : Humanisme :

 

Pensée philosophique qui prend pour fin la personne humaine et son accomplissement. Plus largement, toute attitude caractérisée par la volonté de mettre en valeur la grandeur et la dignité de l'homme.

Vision de l’humanité reposant sur l’affirmation d’une commune nature de tous les groupes humains et de la légitimité d’exigences universelles. Plus spécifiquement : 1. Doctrine de l’unité fondamentale du genre humain, par-delà toutes les différences biologiques et culturelles. Voir monogénisme. 2. Éthique ou morale fondée sur la détermination des valeurs et des normes transculturelles, universellement partagées ou partageables, c’est-à-dire communicables, et par-là universalisables, ce que nie le relativisme culturel radical.

 

 



 

April 12

tableau comparatif récapitulatif

 

 

 

 

Sociologie des organisations

Analyse stratégique

CROZIER

Sociologie de l’action

Intervention sociologique

TOURAINE

Analyse institutionnelle

Socianalyse

LOURAU

Socio psychanalyse

Socio psychanalyse institutionnelle

MENDEL

Psycho dynamique du travail

DEJOURS

Psychanalyse de groupe

ANZIEU

PRATIQUE

Objectifs

Identifier les dysfonctionnements en vue d’un changement

- conscientisation des militants (TOURAINE)

- réflexion sur leur expérience sociale (DUBET)

Faire parler les non-dits de l’institution

- améliorer la communication

- permettre aux gens d’avoir plus de pouvoir sur ce qu’ils font

Verbaliser la souffrance

Faire vivre une expérience d’inconscient groupal, faire émerger des questions relatives à l’inconscient groupal

Dispositif

Procédures

- enquête intensive (entretien)

- hypothèses

- enquêtes extensives (questionnaires)

- analyse

- restitution des résultats

- constitution de groupes « ouverts et fermés »

- instauration d’espace de débat artificiel

- analyse des sociologues à laquelle les acteurs réagissent

Assemblée générale socianalytique

- dispositif institutionnel

- groupes homogènes de métiers

- communication indirecte

- pré-enquête

- constitution de groupe de volontaires

à relation d’intersubjectivité entre intervenants et participants

- restitution orale puis écrite

- validation élargie aux non participants de l’enquête

Instauration de règles empruntées à la psychanalyse individuelle

THEORIE

Courant de pensée d’origine

Thème général

Systémie stratégique

Sociologie de l’action

Analyse dialectique (clivée)

HEGEL

- sociologie du travail

- psychanalyse (WINNICOTT)

Psychopathologie incluant psychiatrie, ergonomie et psychanalyse

Kurt LEWIN, FREUD, WINNICOTT

Psychologie sociale et psychanalyse

Objectifs théoriques

Analyse de l’organisation à partir des stratégies et des relations de pouvoir des acteurs

Analyser les actions collectives conflictuelles et l’expérience sociale

Dégager les mouvements contradictoires de l’institution et de la société

Comprendre les effets du social sur le psychique

Articuler la souffrance psychique à l’organisation du travail

Faire émerger les processus inconscients de groupe

Principaux concepts

- pouvoir

- système d’action concret

- acteur

- zone d’incertitude

- conflit

- historicité

- instituant / institué

- analyseur

- transversalité

- acte/pouvoir

- mouvement d’appropriation de l’acte

- socialisation non identificatoire

- souffrance

- stratégies défensives

- peur

- approche psychique groupale

- illusion groupale

- enveloppe

- moi-peau

LIMITES

- dimension psychologique et théorie de groupe absente

- pas d’accompagnement du changement

- objectif pratique de changement limité

- pas de théorie de groupe

- risque de ne pas maîtriser les situations

- difficultés à évaluer les résultats

Intervention au long cours à difficulté à gérer des crises dans l’immédiat

Difficultés à évaluer les résultats pratiques de l’intervention

- limites disciplinaires

- l’institution apparaît peu

March 21

info sur la propreté

Bonjour a tous,
Je voulais savoir si vous auriez des info sur l'aquisition de la propreté ( auteurs, professionnel qui aurai parlé de ce sujet...).
Merci a tous
Bonne semaine
Amandine
March 19

site à voir

j'ai déjà passé l'info à la suite du post d'Amandine (changement d'adresse)
Je remets donc le lien d'un site qui me semble être une véritable mine d'or:
et également celui d'une pétition à signer qui, de mon point de vue nous concerne tous:
 
De plus, la liste des formateurs pour la visite de stage est dispo lundi, il faut appeler Héléne.
Bonne continuation à tous et @ bientôt.
Sabine
March 16

la creche

Voici l'exposé sur la crèche:

 

 

ADAPTATION / SEPARATION, ACCUEIL ET SOINS

     Comment l'expérience de soins non maternels peut affecter le développement de l'enfant ?

 

I.                   LA RELATION MERE ENFANT

 

 1) Approche psychanalytique

Comment apprendre à connaître et comprendre l’enfant si on ne le considère pas comme faisant parti d’une dyade avec la mère? Ainsi, il convient de s’intéresser à la mère, considérée comme l’instance organisatrice du psychisme de l’enfant par  H. Wallon. Pour cela il est intéressant  de considérer sa capacité à être mère. Pour Hélène Deutsch, la mère doit accomplir deux taches : « fonder harmonieusement son unité à l’enfant et la dissoudre harmonieusement ». Ce travail psychique est lié aux différentes étapes de développement. Il est présenté sous forme de conflit dans la psyché maternelle : ce qu’elle peut accepter du désir de l’enfant et ce qu’elle peut comprendre du sien propre. Ce conflit se résout par le phénomène d’illusion grâce auquel la mère arrive à  surmonter l’expulsion de l’enfant lors de la naissance.

D’autre part, la mère va s’identifier à l’enfant qu’elle porte mais aussi à sa propre mère telle qu’elle l’a intériorisée. Son passé, son inconscient et son imaginaire entrent dans la relation actuelle avec l’enfant. On voit donc comment l’activité fantasmatique anxieuse de chacun influence celle de l’autre. En tant que futurs professionnels, il est donc important de s’intéresser à la façon dont la mère a vécu le processus de séparation individuation pour mieux comprendre la façon dont l’enfant vit le sien propre.

Freud pense que la mère est dans une phase de régression dans la mesure ou elle va régresser à un stade ou elle redevient le bébé de sa propre mère. C’est sa situation de mère qui va ranimer en elle les différents stades de sa petite enfance; elle va aussi revivre les différentes expériences infantiles de frustration et de satisfaction, d’amour et d’agressivité. Les images de la mère méchante, de l’enfant destructeur, de la mère aimante et de l’enfant aimé vont venir se projeter sur la représentation que la femme se fait maintenant de la mère qu’elle est et de l’enfant qu’elle a.

Par ailleurs, la « folie maternelle primaire » de Winnicott signifie qu’elle va fortement s’identifier à son enfant et c’est pour cela qu’elle va parvenir à ressentir les besoins et états de celui-ci. C’est par communication infra-verbale qu’en nourrissant et en aimant son enfant, elle va se nourrir et s’aimer elle-même. On parle aussi de l’économie libidinale du couple mère-enfant.           

Enfin, cette régression aux stades archaïques de la personnalité est féconde car elle permet une maturation psychoaffective de la mère.

Ensuite, le texte « les mères doivent être la pour être quittées » d’Erna Furman nous amène à réfléchir sur cette phrase lourde de sens d’Anna Freud. La relation mère-enfant se caractérise par un va et vient: la mère est la puis est quittée. En fait, l’enfant maîtriserait les différentes étapes de son développement que si sa mère s’autorise à se passer de son enfant pour les moments ou il reviendra à elle. Ainsi, c’est l’accommodation mutuelle mere-enfant nécessitent une continuité d’expérience qui va permettre l’élaboration du sentiment de continuité interne chez l‘enfant c‘est à dire que malgré ce va et vient, la mère doit toujours rester disponible. Pourquoi? Tout d’abord par rapport à l’élaboration du sentiment de continuité interne comme je l’ai dis plus haut. D’autre part, l’absence de  la mère lui permet d’utiliser l’activité représentative et donc de la faire revenir dans son esprit pour mieux faire face à la séparation. Il est important que l’enfant s’autorise à oublier momentanément sa mère pour s’adonner à d’autres apprentissages. Il paraît nécessaire d’enrichir  cette analyse en faisant appel aux points de vues d’autres auteurs qui se sont aussi intéressés à la séparation comme Mahler qui définit la mère comme un  « port d’attache » pour que l’enfant puisse se séparer et s’individuer permettant ainsi l’évolution de la mémoire, de la cognition et l’autonomie. En bref, l’individuation est l’épreuve de la réalité. Freud est à l’origine du narcissisme freudien qui incite l’enfant à ramener son estime dans un lieu ou il est seul, sans ses parents. Il parle de sécurité interne de l’enfant. Quant à Wallon, il avance que l’enfant a construit sa personnalité en empruntant à cette relation permanente entre le « moi » et l’autre. La dyade mere-enfant permet de rester en contact avec quelqu’un qui le fasse exister d’ou l’expression : « je me reconnais dans le miroir maternel ».

La seconde partie est réservée à la présentation de la crèche. C’est un lieu dans lequel l’enfant va devoir exercer sa capacité à être seul qui elle-même réside selon Winnicott, dans l’expérience de la solitude en présence de quelqu’un et qui se rapporte à la mère « la pour être quittée »

 

2) comment définir cette relation?

 

Parmi les extraits étudiés celui de Serge LEBUVICI, psychanalyste d’enfants peut apporter des éléments de réponse. Ses travaux ont porté sur le phénomène d’empathie dans la relation mère/enfant ou substituts parentaux, mais plus particulièrement dans la relation de soins ou thérapeutique. Il s’est inspiré des travaux d’Anna Freud, de Mélanie KLEIN mais surtout de WINNICOTT. Il fut d’ailleurs le premier à l’inviter en France en 1950. Pour S. LEBOVICI, dans la relation thérapeutique, l’analyste s’identifie emphatiquement à son patient (notamment l’enfant) et va ainsi répondre plus facilement à son besoin et agir dans son sens. Il parle alors d’énaction (de mise en acte). Ex. Au cours d’une consultation une mère évite de toucher son enfant assis sur les genoux de son mari jusqu’au moment où le bébé pleure. Elle le prend. L’enfant ne peut pas supporter d’être dans les bras de sa mère et la mère ne sait pas quoi faire. LEBOVICI s’approche, met sa main sur la tête du bébé en lui disant qu’il est beau et en parlant de la situation avec les parents. Le bébé se calme peu à peu, regardant LEBOVICI à plusieurs reprises, tout en se réfugiant progressivement dans les bras de sa mère. La caresse sur la tête du bébé (’enaction) a modifié les interactions entre la mère en deuil d’une petite fille morte et a ainsi permis au bébé de la maternaliser.  Par ce simple geste, LEBOVICI montre que l’émotion de l’enfant a été apaisée et lui a permis en retour d’apaiser celle de sa mère.

Différentes définitions de l’empathie :

S. LEBOVICI, l'empathie désigne la capacité de sentir avec l'autre, en un mouvement de compréhension sensorielle et affective de ce qui, en l'autre, reste étranger à lui et à moi.

Le mot empathie a été employé en France en psychologie et en psychopathologie et s’est répandu avec la connaissance du développement du bébé dans la littérature anglo-saxonne. Dans le dictionnaire de psychologie de Roland Doron, R. Dorey parle d’une « intuition de ce qui se passe dans l’autre, sans oublier toutefois qu’on est soi-même, car dans ce cas il s’agirait d’identification ». Sens etymologique implique d’une part une connaissance de l’autre par l’intérieur et la souffrance d’autre part d’où le mot anglais insight « voir dedans » ou « comprendre dedans ». Empathie au sens psychothérapique, traduction du mot Einfülhung (sentir avec, ou union dans le sentiment).

Pour C. ROGERS,  l’empathie s’est être presque l’autre sans être l’autre et sans cesser d’être soi-même.

 

Quelques références concernant le terme d’empathie

 

Au travers de nombreuses observations auprès de mères et de leurs bébés, D. STERN psychiatre de l’université de Cornell a pu déterminer que les bases de la vie affective d’un enfant  sont jetées dès l’instant où ses émotions sont  accueillies avec empathie, acceptées et payées de retour. Il parle alors de processus d’harmonisation. Ces différents processus d’harmonisation  vont déterminer plus tard à l’âge adulte les relations affectives avec leurs proches. Toujours pour D. STERN, un manque de manifestation d’empathie d’un parent vis-à-vis de son enfant peut induire chez celui-ci un évitement dans l’expression de ses émotions voire l’incapacité de les ressentir. [L’intelligence émotionnelle – D. GOLEMAN]

Le cerveau droit est l’hémisphère de l’empathie. Lorsqu’il est endommagée par un traumatisme précoce ou le manque d’amour, il est à l’origine de troubles nombreux et divers. Il est incriminé pour toutes sortes de psychopathologies, de l’autisme à la psychose et à la dépression. [La biologie de l’amour – A. JANOV – Méthode Cri primal

 

 

 

II. LA CRECHE

 

1) Présentation et Accueil

 

L’accueil d’un bébé passe par sa nomination, un nom qui lui donne une place dans la communauté humaine, le symbole d’une appartenance humaine. Le contact quotidien avec lui met à l’épreuve la propre fonction contenante des adultes.

-Fonction contenante d’une équipe: est sa capacité à recevoir, contenir et transformer les émotions et anxiétés primitives des bébés. De devenir un réceptacle, un contenant des souffrances des accueillis.

Accueillir est un travail difficile qui engage l’intimité de tout sujet, c’est un travail qui ne sera jamais vraiment reconnu. Accueillir ne va pas de soi, c’est d’abord au moyen âge réunir, associer, c’est mettre au travail notre capacité à devenir contenant. Un accueil peut être plus ou moins contenant, c'est-à-dire ouvert à la relation, à l’inconnu. Selon Levinas, accueillir c’est toujours la rencontre avec un visage étranger, le risque d’une rencontre avec l’autre. L’auteur défendra l’idée que la fonction contenante indique une position éthique à conquérir, une fonction à avoir, la nécessité d’une réceptivité absolue pour recevoir cette altérité

La fonction de l’accueil est très délicate pour des bébés, ils sont fragiles face aux situations de séparations ; ils n’ont pas suffisamment intériorisé les fonctions contenantes de leur environnement familial. L’accueil doit pouvoir faire face à leurs angoisses de séparation et à des angoisses primitives difficilement reconnaissables.

 

2) L’adaptation

 

a) Les étapes de la maturation

 

L’entrée en crèche est une étape de maturation parmi d’autres au cours de laquelle la mère doit être la pour être quittée. Si la mère s’attend à être quittée à l’adolescence, il n’en est pas de même pour les étapes de développement plus précoces comme le sevrage ou l’entrée en crèche. Il est question ici de décrire une étape de maturation et de répertorier les comportements possibles du coté de la mère et  leurs conséquences sur l‘enfant. Je m’explique: Lors d’une étape de maturation émerge chez l’enfant un désir de plaisir nouveau. Il va rejeter la mère mais inconsciemment c’est le remplacement de celle-ci en tant que personne adulte, sexuellement active, porteuse et éleveuse d’enfants. Dans ce cas, la mère fait l’expérience douloureuse de la séparation. Si elle parvient à « être la pour être quittée c’est qu’elle est parvenue à aménager la relation ambivalente qu’elle a avec son enfant et qu’elle considère son développement comme une lutte instinctuelle non dirigée contre elle. Quand la mère ne domine pas ces éléments, elle communique son émoi interne et stimule une réponse de l’enfant qui peut se manifester de plusieurs façons: soit l’enfant refuse de grandir pour prouver à la mère qu’il a toujours besoin d’elle soit il la rejète et s’en éloigne en faisant mal. Dans tous les cas, l’enfant ne pourra pas développer une véritable attention ou un estime à l’égard de la mère comme le pense Winnicott.. Ceci peut nuire à sa capacité de fonctionner comme une personne sensible qui pense aux autres ou de devenir parent lui-même. Par contre, quand la mère parvient à être la pour être quittée, elle favorise les étapes de développement de l’enfant qui ne se sent pas coupable de grandir et qui prend avec sympathie le rôle de la mère. Ceci permet aux enfants de grandir et de garder « l’estime due à ses parents ». C’est par rapport à cette aptitude que la mère va favoriser la maturation, le contrôle de soi, aide à la construction d’un égocentrisme équilibré dans le contexte d’une fusion entre amour et agression.

Par rapport à tous les éléments énoncés ci-dessus, nous pouvons mesurer l’importance de considérer l’enfant dans sa relation avec la mère et de mettre en place, dans le contexte particulier d’une crèche, un accueil prévu pour l’enfant et aussi pour les parents. Cette partie nous permet maintenant d’avoir un regard plus critique sur la question suivante :

 

b) A quoi sert l’adaptation ?

Pour répondre à cette question, je vais m’appuyer sur quatre textes sources, les deux premiers extraits des revues « Enfant d’abord » et « Métiers de la petite enfance », ensuite je m’aide de deux ouvrages, l’un de Martine Jardiné, « L’accueil des tout-petits », et l’autre publié par le CRESAS (Centre de Recherche de l’Éducation Spécialisée et de l’Adaptation Scolaire), intitulé « Accueillir à la crèche, à l’école ».

Premièrement, pourquoi un temps d’adaptation ?

Il s’agit d’abord de donner confiance aux parents, il faut favoriser les liens entre la crèche et la famille. Noémie Bloit, psychologue, nous explique que « l’adaptation, c’est pour les parents ». « L’enfant lit les pensées et les émotions de sa mère comme à livre ouvert. » Ainsi, d’une mère, ou d’un père rassurés dépendra l’adaptation de l’enfant.

 

« Connaître l’enfant c’est savoir l’observer en collaboration avec les parents. » Les professionnels donc doivent accompagner l’enfant et la mère dans un processus, parfois long, de séparation. L’enfant doit pouvoir s’inscrire à terme, dans un lieu qu’il accepte et qu’il veut investir. Lorsqu’il arrive à la crèche pour lui, tout est inconnu. Martine Jardiné nous explique que « l’enfant va découvrir et peu à peu apprendre à connaître, en présence de sa mère, l’environnement, les bruits, les odeurs, les couleurs, la lumière – qui ne sont pas les mêmes et ne se produisent pas au même moment chez lui. ». Elle préconise alors un temps d’adaptation de 5 à 6 semaines, afin de prendre son temps. (Minimum recommandé pour une adaptation : 2 semaines) Souvent une maman est rassurée de savoir qu’elle a le temps de connaître la structure, son fonctionnement , le personnel, et donc le temps d’être elle même en confiance. Il faut que les parents aient une place dans la structure qu’ils ne s’en sentent pas exclus. « Le lieu d’accueil doit être un lieu dans lequel les parents (et l’enfant) sont écoutés et entendus sans jugement. » La durée de l’adaptation, bien évidemment est variable et fonction des personnes, certaines familles nécessitant plus de temps que d’autres. Il est important d’inscrire la séparation dans la continuité, et donc de prendre le temps de connaître les habitudes de l’enfant accueilli, ses rythmes, ses désirs, ses habitudes,…Ce n’est pas le bébé qui doit finalement s’adapter au cadre dans lequel il s’inscrit, mais l’inverse. C’est à dire que l’organisation devra tenir compte des besoins de l’enfant, de ses capacités, et s’adapter ainsi à son rythme afin de favoriser son développement, son indépendance vis à vis du lieu et des personnes qui l’entourent. Par conséquent, le principal outil dont tout professionnel doit se munir c’est l’observation, afin de « ne pas intervenir, modifier ou initier les activités de l’enfant », sinon lui offrir le cadre sécurisant et adapté qui va lui permettre de grandir « seul ».

Par conséquent, les conditions nécessaires à une séparation réussie (parce que séparation et adaptation sont liées), sont :

1. Qu’on explique à l’enfant ce qui lui arrive, ce qui va se passer.

2. Que sa mère, ou son père, ait une place dans la structure, que les parents donc, puissent accompagner l’enfant.

3. Qu’il y est un adulte référent, c’est à dire un interlocuteur privilégié, ayant un rôle de relais. Les rôles de chacun n’étant pas substitutifs, mais complémentaires.

4. Que l’enfant ait un linge, ou autre, qui porte l’odeur de sa maman, qu’on lui parle de sa maman.

Il est important que la séparation se fasse de manière progressive pour que l’enfant ne se sente pas angoissé. Progressivement donc on augmente le temps de séparation, ou l’enfant joue seul, il va aller à la rencontre de l’étranger en présence d’abord d’un parent, pour qu’il puisse se rassurer auprès de lui, puis en présence d’une autre personne qui s’occupera de lui quand le parent sera parti. Il est préférable que celle ci soit présentée à l’enfant en présence de la maman.

 

 

c)Accueillir les parents des jeunes enfants

Des propositions concrètes pour améliorer la qualité de l’accueil des parents

 

Suzon Bosse Platière, psychopédagogue, formatrice petite enfance

Avec la collaboration de Nathalie Loutre du Pasquier, maître de conférence en psychologie

 

L’auteur de ce texte insiste sur la nécessité, pour l’accueillant(e) de permettre à la souffrance ressentie par la mère et l’enfant lors de la séparation d’être exprimée et entendue; cela suppose une écoute attentive, sans jugement de la part des professionnel(le)s, mais aussi la capacité de dire, en connaissance de cause, les bienfaits de cette séparation, qui viendront enrichir la relation entre la mère et son enfant (ex: ouverture sociale). La mère, rassurée sur les compétences professionnelles et le rôle  des personnes à qui elle confie son bébé  pourra ainsi  vivre plus positivement cette séparation, et, par prolongation, l’enfant la vivra, lui aussi, plus sereinement. Pour cela, l’accueillant(e) aura besoin, à son tour de parler des difficultés qu’il/elle rencontre dans l’accueil des mères et des enfants qui se séparent, de ce que fait résonner, dans sa propre histoire, la question de la séparation. L’auteur souligne ici l’importance de prendre en compte ce vécu comme une question professionnelle importante, afin de réussir l’accompagnement et la prise en charge de l’autre sur le chemin de la séparation.

 

d) Accueillir et se séparer soi-même des enfants des autres.

 

Il sera de même très important de ne pas oublier que le/la professionnel(le) qui prend en charge jour après jour un enfant, ne pourra pas faire abstraction des liens qui, inévitablement, vont se tisser. Il lui faudra donc, là encore, un espace lui permettant d’analyser son positionnement professionnel et d’être entendu(e), cette fois dans ce qu’elle/il  peut vivre de pénible, dans la séparation d’avec un enfant qui rentre à l’école ou déménage. Un temps de récupération serait, selon l’auteur, nécessaire pour « faire le deuil » de ce départ, afin de lui permettre d’être plus réceptif(ve) et disponible dans les prochains  accueils.

Il serait essentiel, que les professionnel(le)s de la petite enfance soient formé(e)s et préparé(e)s à cette question de séparation, et qu’ils/elles puissent être accompagné(e)s lors de l’élaboration du projet éducatif, dans le but de clarifier, vis à vis des parents et des responsables institutionnels, leur positionnement professionnel.

 

 

III.             L’importance des soins

           

L’institut Emmi Pikler apporte un éclairage très intéressant sur la façon de considérer le soin auprès de l’enfant. C’est dans le livre  un nouveau paradigme :  Loczy, que nous avons trouvé les éléments suivants: 

 

L’expérience de l’institut Emmi Pikler est la capacité à fournir au bébé, pendant toute la durée de son séjour, une relation humaine authentique avec quatre personnes, dont une privilégiée, qui prennent soin de lui de façon stable et dans une continuité. Cette relation étant nécessaire et indispensable et semble suffisante pour assurer le développement de bébé lors de son séjour dans l’institut et pour assurer le reste de sa vie avec ses parents.

D’autre part, par rapport à un positionnement professionnel, il est important de différencier la relation maternelle de la relation de soin.

 

1) Relation maternelle et relation soignante:

 

a) La relation maternelle :

c’est une relation continue qui se manifeste tout au long de la vie et au-delà. Relation passionnelle, amoureuse, toujours complexe à l’intérieur de laquelle bébé comme la mère vit des moments d’émotions très forts (tendresse, colère, frustrations, inquiétudes...). La relation maternelle est inspirée par tout ce que bébé évoque pour sa mère (évocations liées à son couple, son passé familial, aux pressions de la culture). Il y a aussi la rencontre entre le bébé fantasmatique et le bébé réel qui résulte d’un jeu complexe continu entre les forces d’empathie qui la guident et la poussent à s’accorder aux demandes de son bébé, et les mouvements projectifs qu’il suscite en elle et qui façonnent ses attentes à elle, ses demandes, ses exigences. C’est un système interactif spécifique, unique à chaque dyade mère enfant et non reproductible. Dans ce tissu interactif, elle s’apporte toute entière, exprime ses désirs, ses attentes, ses craintes, son besoin d’appropriation et de conquêt. Les soins maternels sont la résultante de tout cela.

b) La relation de soin : C’est le manque de la relation maternelle qui nécessite un soin particuliers. Ce soin pour être utilisable par bébé doit engendrer une relation de confiance et de sécurité dont la fondation diffère de celle d’une relation maternelle. But de la relation soignante : Lorsque bébé est privé de sa mère et qu’autrui intervient pour lui prodiguer des soins nécessaires à sa survie, au maintien de sa santé, à la poursuite de son développement.

 

c) Le problème du soin :

La relation entre bébé et soignante est vouée à de grandes difficultés si elle s’appuie sur la maternalité latente de celle-ci. L’expérience de l’institut ouvre une voie qui permet à la soignante de s’appuyer sur d’autres piliers que sur la maternalité latente :

-D’une part par la connaissance (processus de développement), l’importance de cultiver ces manifestations au cours et en dehors des soins.

-D’autre part ces connaissances permettent à la nurse d’être plus vite sensible aux progrès quotidiens dont elle attend l’apparition en faisant confiance au rythme de développement de l’enfant.

-D’un autre côté, bébé est réceptif à cette attention particulière et en éprouve une satisfaction et une gratitude. Ainsi naît entre eux amitié et affection.

Et il semble bien que cette relation soignante particulière soit suffisante pour alimenter le processus de développement du bébé pendant le temps où il est privé de sa mère, lui permet de vivre la séparation comme un distanciation, et non comme une perte, et maintien sa capacité à la retrouver, ou à faire connaissance avec une famille adoptive ou avec une famille d’accueil.

 

V. Maternage traditionnel d’ici et d’ailleurs

 

Suzanne Lallemand, ethnologue, directeur de recherche au CNRS, s’intéresse aux questions de fertilité et de filiation hors des sociétés industrielles; (l’art d’accommoder les bébés..)

 

Définition du « Petit Robert » : […] se conçoit comme un ensemble de soins apportés aux enfants

L’auteur oppose dans ce texte les pratiques occidentales à des pratiques traditionnelles « primitives ». Ainsi, les questions de maternage, mais aussi de  propreté et de couchage des enfants seront radicalement opposés selon la société dans laquelle on évolue. En  Occident, le lien mére-enfant se veut exclusif pendant une période assez longue par rapport aux sociétés africaines qui s’organisent de façon à ce que tout le cercle, familial ou non, contribue au développement psychosocial de l’enfant. Il en va de même en ce qui concerne l’apprentissage de la propreté, qui, chez nous fut matière à maintes interprétations « scientifiques » durant des décennies, et qui, comparé à d’autres sociétés ne semble pas être ce qu’il y a de plus approprié en ce qui concerne le respect du développement psychomoteur de l’enfant. En Afrique, cette question ne se pose pas et le petit enfant qui sait marcher suit les plus grands à l’endroit où ils urinent et se lavent.

Alors que le bébé français n’a plus eu le droit, pendant plusieurs décennies de dormir dans le lit de ses parents, pas plus que sa mère n’avait le droit de le consoler, (pratiques remises en question dés le début des années soixante jusqu’en 1990), ailleurs il est fréquent de partager sa couche avec ses enfants.

Pour conclure on s’aperçoit que le maternage occidental est basé sur la performance et l’acquisition précoce de l’autonomie, et ne laisse pas beaucoup de place à la participation active de l’enfant, son développement psychomoteur ou affectif n’entre que très peu en ligne de compte. D’autre part, il est essentiel de souligner que la connaissance de pratiques différentes est un outil supplémentaire pour les professionnels de la petite enfance, qui sont amenés à remettre en question en permanence leur méthode de travail: parce que les enfants, les familles, les institutions et les professionnels eux-mêmes sont autant de paramètres à prendre en compte, chaque cas est différent et demande un effort d’adaptation particulier.

 

 

 

 

 

   

 

 

March 02

Génial

Bonjour à tous!
Amandine, j'ai suivi tes conseils et j'ai enfin réussi à aller sur le blog des EJE2!!!
Merci encore pour l'initiative et pour ceux et celles qui l'ont déjà alimenté de docs, de photos...Pour ma part, je ne sais pas encore comment envoyer des "choses" mais je vais, comme Michèle, m'y intéresser!...Il faut dire que j'ai internet que depuis un mois alors maintenant un blog...ça se complique pour mes petites neurones!
Je souhaite bon courage à tout le monde pour le stage (tout le mois de mars ça peut être très long pour certain(es)).
A+
Bises à tous
Val Sant
February 26

Exposé "Loczy"

                           Synthèse de travail - Exposé LOCZY

 

I. La biographie d’Emmi Pikler et présentation de l’institut

                                                                                                                                   

Emmi Pikler est née en 1902 en Hongrie. Elle a fait ses études à Vienne dans les années 1920 chez le Docteur Pirquet qui est pédiatre. Elle observe et apprécie la prise en compte dans la prévention des maladies, d’un environnement harmonieux dans le mode de vie des enfants. Emmi Pikler note qu’il y a moins d’accidents lorsque les enfants jouent librement que lorsque l’on impose des interdits. L’enfant qui se déplace librement est plus prudent alors que l’enfant qui sent que ses gestes sont limités est maladroit. Pour elle, l’enfant n’a pas besoin de l’adulte pour évoluer dans son développement. Elle rejoint Maria Montessori en ce qui concerne l’intrusion de l’adulte et la création d’un environnement où l’enfant peut agir seul. D’après elles, si l’enfant suit son propre rythme, il est capable de faire toute son évolution motrice à l’aide de ses expériences. Alors qu’en général, l’adulte encourage plus les enfants en fonction des acquisitions qu’il est censé faire à tel ou tel âge en fonction de son propre rythme.  En 1946, après avoir exercé ses activités de pédiatre auprès des familles pendant une dizaine d’années, Emmi Pikler organise la pouponnière de la rue Loczy à Budapest dont l’objectif est de prouver que ce qu’elle a pu accomplir dans les familles est possible en institution, c'est-à-dire mettre l’enfant dans une atmosphère tranquille, harmonieuse et sécurisante avec le minimum d’interventions de l’adulte. A cette époque, elle connaît les tous nouveaux travaux sur l’hospitalisme notamment ceux de  René Arped Spitz (psychiatre et psychanalyste) et la polémique qui existe autour de la difficile prise en charge des jeunes enfants privés de leur milieu familial. (Hospitalisme : troubles psychosomatiques présentés par un jeune enfant à la suite d’une hospitalisation prolongée qui le prive des relations affectives avec sa mère).  Elle rompt de façon radicale avec les pratiques courantes des pouponnières de l’époque. Elle développe et perfectionne progressivement une pratique dont les principes et les objectifs sont clairs et bien définis mais dont la réalisation est souple et adaptée aux besoins mouvants des enfants. Cette pratique constitue un ensemble de soins cohérents, constants dans leurs grandes lignes mais bien individualisés et faisant l’objet d’un suivi dans leur déroulement pour chacun des enfants. Elle est convaincue de l’importance des effets d’un environnement de qualité sur la santé physique et psychique des enfants. Emmi Pikler a dirigé jusqu’en 1979 l’institut. Elle est décédée en 1984.

 

Institution Emmi Pikler

Elle se trouve dans une rue qui s’appelle Loczy dans un quartier résidentiel « Les Collines des Roses » de Budapest (Hongrie). En 1964, l’institut Loczy devient l’institut des méthodes pédagogiques pour les soins des nourrissons et des petits enfants. Elle publie un manuel de formation des nurses et donne des cours de perfectionnement en pédiatrie. Suite aux bons résultats de l’enquête menée par l’Office Mondiale de la Santé sur les méthodes de Loczy, l’institut a  pu prolongé l’accueil des enfants jusqu’à 6 ans.

En 1971, elle est composée environ de 70 personnes : des nourrices qui allaitent, des nurses qui s’occupent des enfants, des infirmières, une jardinière d’enfants, des psychologues, des médecins et de l’administration.

Il y a 51 enfants. La plupart des enfants accueillis étaient des enfants de petit poids dont les parents étaient soit décédés, soit malades, soit en difficulté sociale, soit des enfants abandonnés.

L’organisation des groupes de vie

Il y a 6 groupes d’enfants répartis selon leur âge. Chaque groupe peut contenir au maximum 9 enfants et est confié à 3 nurses, seules à tour de rôle dans la journée mais secondées par des aides-nurses. Chaque nurse s’occupe de tous les enfants mais en plus est responsable de 3 d’entre eux. Les nurses changent de groupe avec les enfants et les suivent jusqu’à leur départ.

L’évolution de l’Institution

Après 52 années de fonctionnement en tant qu’institution de l’Etat, l’Institut Pikler continue son travail dans le cadre de la Fondation Emmi Pikler depuis le 22 juin 1998. La Fondation représente le cadre juridique dans lequel l’Institution Pikler fonctionne et qui assure son financement. Elle est de droit privé.

Les buts de la Fondation :

- faire connaître et appliquer les conceptions du pédiatre Emmi Pikler

- maintenir et faire fonctionner dans les meilleures conditions l’Institut

Actuellement, elle comporte toujours :

- une pouponnière pouvant accueillir 40 enfants de la naissance à 6 ans. Ils vivent dans 5 groupes de 8 enfants avec 4 nurses attachées à chaque groupe.

- un centre de formation pouvant accueillir des groupes ou des individus pour :

des séminaires organisés selon un programme fait par l’Institut ou selon une demande d’un groupe de personnes et des visites organisées par l’institut avec des observations directes dans les groupes d’enfants.

- un centre de recherche avec une importante quantité d’observations, de notes, de films, de photos servant à la conduite de recherches et à l’élaboration de textes psycho pédagogiques sur les thèmes

- le développement de l’affectivité et de la personnalité

- le développement psycho moteur autonome

- le développement de l’activité et du jeu autonome

- le jeu, les promenades, les soins (repas, bain…)

Ces recherches déterminent les conditions d’éducation et de soins qui constituent l’originalité de l’Institut.

 

 

II. Les principes directeurs de l’institut

Les grands principes directeurs de l’institut LOCZY  sont basés la valeur de l’activité autonome ainsi que sur les rapports stables enfants/adultes. L’objectif de leur travail éducatif est que les enfants se forgent une personnalité saine et équilibrée ; dans le but d’établir avec le monde des relations ouvertes et de s’intégrer dans la famille qui continuera à les élever. Ces principes sont similaires à ceux de J.J Rousseau dans son œuvre L’Emile ou de l’éducation, en ce sens que l’enfant est considéré comme quelqu’un qui peut influencer les événements, qui établit des relations comme un vrai partenaire, tout en tenant compte de ses besoins. C’est ce que nous allons voir maintenant avec le détail des différents principes.

 

1°. Activité autonome

Elle permet à l’enfant d’expérimenter à son rythme diverses situations.

Elle est source de plaisir, de créativité, et favorise un développement moteur harmonieux.

L’environnement doit donc être adapté : riche, fréquemment pensé et renouvelé pour lui permettre de se mouvoir en toute liberté et sans danger, apte à diversifier ses expériences, le stimuler et lui permettre de progresser.

Le personnel ne doit donc jamais mettre l’enfant dans des positions qu’il n’a pas acquises par lui-même, car ne les maîtrisant pas il ne se sentirait pas en sécurité.

Les interventions de l’adulte se font le plus souvent à distance, par un commentaire verbal, qui aide l’enfant à prendre conscience de ses réussites. Le faire directement susciterait de l’enfant passivité et dépendance.

Les nurses de la pouponnière Loczy sont formées à une vraie connaissance et un vrai respect des potentialités du bébé, elles savent concrètement faire confiance au développement de ces potentiels. Il y a une réelle valorisation de toute manifestation venant du bébé.

Une grande observation permet aux soignants d’être attentifs à ce que le bébé montre de sa personne (goûts, habitudes…) et à la dynamique qu’il développe au contact de son environnement matériel et humain.

L’adulte fait confiance à la capacité du bébé de développer ses potentiels, lui laisse sa liberté de mouvements et reconnaît la valeur de son activité spontanée.

Dans les échanges, il fait appel à la compétence du bébé dès son plus jeune âge, et dans les interactions organisées il propose au bébé une véritable coopération.

C’est donc le développement d’une capacité d’observation de plus en plus fine qui rend la nurse de plus en plus attentive aux moindres signaux du bébé.

L’observation développe chez elle un état de réceptivité qui lui permet de répondre au bébé en s’ajustant à lui et en lui laissant le temps : ce temps dont il a besoin pour pouvoir « dire » ce qu’il a à dire, pour aller jusqu’au bout de son expression.

Emmi Pikler est émerveillée lorsqu’elle se rend compte de l’intérêt que prend l’enfant en jouant. D’après elle, il faut le laisser faire, sans entrer dans l’activité, ainsi le bébé va vouloir progresser de lui-même. Pour Emmi Pikler et ses collaboratrices, l’activité est plus que du jeu. Pour cela, plusieurs paramètres sont mis en place :

-         L’espace temps : L’enfant met en œuvre l’activité quand il est en « état de vigilance », c'est-à-dire quand il est en bonne forme, quand il n’a pas faim, pas sommeil etc.… Il est donc important de repérer ce temps pour pouvoir offrir à l’enfant un espace durant celui-ci.

-         L’espace lieu : L’enfant doit pouvoir bouger autant qu’il le veut. C’est un espace où il peut se livrer en toute sécurité à toutes ses initiatives. Il peut les modifier, les interrompre, Les poursuivre, à son propre rythme. C’est un lieu fixe, qui apparaît régulièrement, ce qui va permettre à l’enfant de l’explorer, et d’en connaître les limites.

-         Le contenu de cet espace : Il y a des objets variés qui attirent les bébés, par leur couleurs, leur formes, leurs sons etc. … Il peut également y avoir un autre enfant dans l’espace.

-         Un espace où l’enfant est livré à ses propres initiatives, et dans lequel l’adulte n’intervient pas directement dans ses activités : Néanmoins, l’adulte privilégié (référent) est vu et entendu par l’enfant. L’enfant sait que l’adulte est la (si faim, fatigue, besoin d’être porté etc.…)

 

Nous allons voir comment les nurses de l’institut Loczy favorisent l’activité autonome au sein du repas. Pendant les trois premières années de sa vie, la façon de manger évolue énormément. Son alimentation se diversifie et il utilise de nouveaux procédés, comme la cuiller par exemple. La nurse référante est là pour guider l’enfant dans son apprentissage mais seul l’enfant peut décider de son évolution. La nurse l’aide juste par ses conseils et ses encouragements. Par exemple, dès tout petit, le nourrisson doit pouvoir participer, ses bras doivent être libres pour qu’il puisse aisément attraper le biberon. A chaque nouvelle étape de développement dans le repas, si l’enfant refuse, on ne le force pas en disant qu’il va s’accommoder au changement mais on revient en arrière. L’enfant sait quand il est prêt. Par exemple, on considère que l’enfant est prêt à s’installer à la table, quand il montre l’envie, c’est à dire quand il se dirige et s’installe seul dans la table-chaise. Par la suite, plus l’enfant grandit, plus les responsabilités lui sont confiées. Il apprend petit à petit à manger en collectivité. Donc on voit bien que cette méthode est basée sur la confiance dans les capacités de l’enfant. Il est capable de s’autoréguler dans son alimentation, il apprend à son rythme en faisant de plus en plus de chose seul. 

 

            2°. Relation affective privilégiée avec la nurse

Une relation affective privilégiée est nécessaire au bon développement de l’enfant.

Cette relation, qui nécessite une attention très individualisée de la part de l’adulte de référence, s’exprime de façon directe durant les soins et de façon indirecte durant l’intersoin : cela permet de limiter la demande affective de l’enfant, ce qui est nécessaire à la vie en institution, tout en favorisant l’activité autonome.

Le repas doit mettre en avant le plaisir de l’enfant. Or on retrouvera la notion de plaisir dans le repas seulement si les deux partenaires se sentent à l’aise et que l’enfant est considéré comme un sujet partageant le repas. Cependant, seul un adulte bien connu de l’enfant peut lui procurer du plaisir pendant le repas, car il y aura une compréhension mutuelle. Il faut donc que l’adulte essai de maîtriser sa propre affectivité et ses attentes personnelles pour adapter au maximum ses réponses aux besoins de l’enfant.

La nurse référante doit connaître les habitudes de l’enfant (goûts alimentaires, façon de prendre le biberon...). Dans le repas, nous pouvons parler de sevrage progressif afin que l’enfant se sente accompagné. La nurse met donc en place une évolution douce dans l’introduction des aliments. En cas de rejet d’un aliment (habitudes), la nurse doit agir par expérimentation (chercher ce qui déplaît à l’enfant : aliment, procédé) et ne dois pas hésiter à revenir en arrière pour lui re-proposer plus tard. La régression n’est pas négative, la méthode Loczy la préfère à la contrainte (ex : si un enfant détourne la tête, ne pas le forcer à avaler) mais lui expliquer et lui re proposer en douceur tout en verbalisant son action. Pendant le repas, la nurse doit se sentir aussi à l’aise que l’enfant, c’est pourquoi sa position et ses gestes doivent être adaptés

Donc les nurses de Loczy prônent que les bébés (0/18mois) soient sur les genoux car elles jugent que le contact corporel est pour eux plus important que le contact visuel. Nous verrons que pour les plus grands, les choses changent. La relation affective se noue donc par rapport à la façon bien établie de tenir l’enfant. Il doit se sentir à l’aise, dans une position sécurisante et équilibrée. Enfin, l’importance est d’avoir confiance en la compétence du bébé. Par cette relation de confiance, l’enfant peut évoluer vers l’autonomie.

 

Exemple « des boucles d’oreille à la sortie du bain » :

Myriam David nous raconte l’histoire de la petite Editke, âgée de 29 mois, qui tire sur les boucles d’oreille de la nurse qui l’essuie à la sortie du bain et nous explique comment la relation qui existe entre elles peut aider à gérer les pulsions de la petite fille. La nurse demande simplement d’une voix douce et calme à Editke d’arrêter car ça lui faisait mal. Myriam David se demande alors comment la mère aurait pu aborder cette situation, elle aurait pu dire « Tu me fais mal, méchante. » et/ou lui taper sur la main. Or, Mme David nous dit qu’il y a quelque chose de sado-maso qui peut se nouer à ce moment là. En effet, ce genre de petits gestes, tous les enfants de cet age l’ont (comme mordre la joue au lieu de faire un bisous aussi par exemple), ils éprouvent quelques chose de physiquement agréable à faire cela, ce sont des attitudes normales. Où est la violence ? Où est le plaisir ? La psychologue nous dit que cette agressivité devient érotisée et qu’elle peut se fixer comme cela. L’enfant peut aussi culpabiliser. Alors que l’attitude de la nurse (tendresse dans le regard, non-violence) renvoie à l’enfant : «  Je sais que tu n’es pas mauvais ». Une autre idée transmise peut être « Tu en auras toi aussi quand tu seras plus grande », cela peut répondre à la pulsion de possessivité de la petite Editke. On peut également noter qu’il y a déjà une relation de confiance bien établie entre les deux individus et qui y fait beaucoup :

            - La nurse est sûre que le bébé est bon.

            - Le bébé est sûr que la nurse est bonne.

Au final, le nourrisson rendra une petite caresse à sa nurse en guise de consolation avec une grande tendresse. Ces interactions ont donc permis ici d’intégrer les pulsions de l’enfant : la violence s’est transformée en tendresse.

 

            3°. Prise de conscience pour l’enfant de son individualité au sein de la collectivité

Eva Kàllo, psychopédagogue à Loczy, nous parle des questions graves concernant l’histoire « familiale » de l’enfant (père en prison, mère absente, retour impossible dans la famille) lors d’un séminaire. Tout d’abord, elle nous parle de la vie quotidienne des enfants à Loczy (le choix d’une robe rose pour la petite Kati, âgée de 14 mois, la pomme achetée par Misi, la peur de Gabor face aux chiens, etc…) ce qui peut paraître surprenant aux premiers abords étant donné le sujet du colloque. Ensuite elle nous explique que l’adulte, connaissant les détails de la vie de l’enfant, peut tisser avec lui un fil temporel à partir de son présent, en reliant les évènements de la journée entre eux (plus ou moins éloignés dans le passé), puis également ceux d’hier, etc… Les nurses peuvent également se projeter dans l’avenir avec les enfants (« Quelle robe choisiras-tu demain ? », etc…). L’enfant participe beaucoup à cette élaboration au travers de la communication qu’il entretient avec l’adulte qui le laisse choisir ses sujets de conversations, exprimer ses émotions, il fait en sorte que les tout petits sentent qu’ils sont capables de les influencer dans le dialogue. Eva Kàllo veut nous faire prendre conscience que chaque enfant à son histoire qui lui est propre et que c’est avec cette histoire, qu’il peut raconter et se raconter, qu’il va pouvoir construire son identité. C’est n’est qu’une fois qu’il a construit cette histoire personnelle, qu’il va commencer à se poser des questions sur sa situation, à propos de ses parents par exemple. Eva Kàllo nous dit que ce n’est vraiment qu’à partir de 3 ans que les enfants arrivent à parler de leur passé familial, il pourra alors se positionner par rapport à ses origines. La psychopédagogue nous parle alors de la petite Edina, arrivée à Loczy à l’age de 1 mois et 1 jour où elle y restera pendant 18 mois avant de repartir dans sa famille. Elle y restera 7 mois, puis retournera au sein de l’institut. Elle a maintenant 26 mois et n’évoque presque rien de son passage dans sa famille. Myriam David intervient alors et nous fait remarquer que très peu de gens se souviennent de la première année de leur vie, or cela ne veut pas dire que c’est effacé de notre mémoire mais juste que nous ne pouvons pas retrouver ces souvenirs. Elle nous dit également qu’il est normal que de jeunes enfants aient du mal à se souvenir, qu’il leur faut du temps pour organiser leur mémoire.

 

Dans la pouponnière de la rue Loczy, une nurse est la référante d’environ trois enfants. Cependant, pour que l’enfant puisse avoir des repères et une prise de conscience de lui même, il faut une régularité dans les événements et une stabilité dans le monde qui l’entoure. C’est pourquoi, par rapport au repas, les nurses ont mis en place le système du tour de rôle. La nurse s’occupe donc d’un enfant à la fois l’un après l’autre. De ce fait, les enfants ont toujours la même position dans le tour de rôle, ce qui lui donne des repères fixes. Il attend donc son tour sans difficulté. Il est conseillé à la nurse de commencer par les enfants les plus jeunes et de finir par ceux qui prennent le plus de temps. La nurse sera alors plus détendue si elle sait que les autres enfants ont déjà mangé. Ainsi, avec cette méthode, chaque enfant est individualisé.

L’apprentissage des règles :

L’apprentissage du repas est plus simple si les enfants sont par groupe de deux ou trois. Il faut cependant une atmosphère sereine, calme, détendue, pour que les enfants qui mangent en groupe soit constamment dans la joie. Pour ce faire, l’enfant doit apprendre des règles et les respecter. Il prend donc conscience de son individualité mais également du collectif.

.Pour commencer, l’enfant doit savoir manger seul.

.De plus, l’enfant ne doit pas quitter la table avec l’assiette à la main

.Il ne doit pas toucher l’assiette du voisin

.Enfin, il doit savoir qu’il ne peut pas jouer avec les aliments.

Par contre, il a le choix. Si il les respecte, il peut manger avec les autres. Il peut par contre ne pas les respecter mais dans ce cas là, il mangera seul. Ainsi, il se rend compte de son individualité car cette action ne pénalise pas le groupe, mais lui seul. Il doit ressentir cette mise à l’écart comme la conséquence de son propre comportement. Cette mise à l’écart n’apparaît donc pas comme une punition car il y a une relation de réciprocité qui s’établit entre la nurse et l’enfant. Ainsi, c’est par le regard respectueux porté sur lui par l’adulte qui le considère comme un partenaire et un interlocuteur, qui sollicite sa participation active mais aussi l’avertit de ce qui va lui arriver, que l’enfant prend conscience de lui même et de son environnement

 

            4°. Importance d’un bon état de santé

Il faut donc être prudent, ne pas vouloir à tout prix que l’enfant se souvienne, ne pas le submerger avec nos souvenirs, surtout s’il s’agit d’une histoire que nous n’avons pas partagée avec lui. Eva précise que pendant quelques mois il n’y a eu que cinq éléments qui permettaient de penser que la petite Edina avait des souvenirs : le coca-cola, demander une bise quand elle est tombée, deux paroles d’une chanson, le bain et le riz au lait. Cela peut nous paraître pauvre à nous, adultes, mais Myriam David affirme que c’est riche, et que c’est peut-être nous qui ne savons pas détecter la richesse dans ce que peut nous « dire » les enfants. Peut-être ne savons nous pas repérer ce qui paraît important aux yeux de l’enfant. C’est pour cela qu’elle insiste sur l’importance de laisser les enfants progresser à leur rythme et pas à celui que nous estimons bon pour eux, qu’il faut leur « ouvrir les portes » et non pas les forcer, à se souvenir par exemple, surtout lorsqu’il s’agit d’évènements attachés à tant de souffrance. Plutôt que de prendre le risque que l’enfant se ferme à l’élaboration de ses souvenirs, il vaut mieux commencer à lui apprendre les mécanismes de la mémorisation avec des souvenirs agréables du quotidien puis, plus tard, lorsque l’enfant se sentira prêt il pourra alors faire ce travail de questionnement sur son passé au moyen des fonctions du souvenir qu’il aura déjà intégré.

 

En tant que pédiatre, Emmi Pikler attache une grande importance au bon état de santé des enfants. Pour elle, le bon état de santé de l’enfant est basé sur une bonne alimentation, adaptée à chacun, le plus de temps possible au grand air, et une surveillance médicale régulière. La bonne qualité des soins est importante  parce qu’elle assure la bonne santé du bébé. Elle le met dans un état de confort, qui lui apporte la joie et le plaisir d’être bien dans sa peau, dans son corps. La façon dont les soins sont donnés est donc essentielle. Pour cela, l’activité libre au cours des soins est importante. Il faut une participation active de l’enfant au niveau où il peut la donner. C’est toute « une science et art du soin » :

-         Art de porter, tenir, soutenir, toucher, afin que le bébé se sente tenu, détendu, et en sécurité (que se soit dans les bras, sur les genoux, dans le bain, ou ailleurs)

-         Qu’il soit libre de ses mouvements, qu’il puisse se tenir comme il le souhaite, qu’il puisse bouger, et toucher ce qu’il veut, y compris les objets de soin.

-         Il doit avoir le temps et la liberté de regarder, sentir, et d’être en relation.

-         Il doit lui être offerte la possibilité de participer à son niveau

-         On lui montre, et on lui explique ce que l’on va lui faire, comment on va lui faire : VERBALISATION AVANT ET PENDANT LE SOIN

Le bon état de santé des enfants est fondé sur une alimentation adaptée à chacun, le plus de temps passé au grand air et une surveillance médicale régulière.

Dans la mesure du possible, l’enfant malade est soigné au sine de sa section, pour qu’à l’insécurité provoquée par la maladie ne vienne pas s’ajouter celle suscitée par un lieu et des personnes inconnues.

La grande importance donnée à l’observation vise d’emblée à devenir un outil de soin : la connaissance intime qu’on a de l’enfant est intégrée dans les soins prodigués, elle nourrit chaque geste et parole.

Les principes qui président à l’organisation du bain et l’attitude de l’adulte à l’égard de l’enfant :

-         la journée se déroule de façon à rendre l’heure du bain repérable et prévisible pour l’enfant.

-         l’ensemble des nurses respecte le même scénario de bain avec minutie et précision.

-         on laisse l’enfant autant que possible libre d’aller jusqu’au bout d’un mouvement spontané. La nurse tente de s’adapter à ce mouvement.

-         la nurse se concentre réellement sur le bébé. Elle doit  respecter deux consignes : si le bébé manifeste le moindre malaise, elle interrompt sa tâche matérielle et cherche à l’apaiser. Si au contraire le bébé montre du plaisir, elle prend le temps de le partager avec lui.

-         la nurse a néanmoins un soin à donner, et elle le fait.

 

Les caractéristiques de l’attitude de la nurse qui semblent avoir une influence déterminante sur l’interaction :

-         la nurse donne continuellement à l’enfant des signaux clairs sur ce qui va se passer et suit un scénario donné.

-         elle module le rythme de son action en fonction des signaux de l’enfant. Elle ralentit ou interrompt son geste en fonction du signal qui vient de l’enfant. Ces petits temps d’arrêt nous sont apparus particulièrement bénéfiques à l’ajustement adulte-enfant.

-         la qualité gestuelle de la nurse est exceptionnelle. Les mains des nurses, qui touchent si délicatement les bébés, expriment la même chose que des mots, avec autant de nuances. Ces gestes de mains sont un élément déterminant de la qualité de la relation avec le bébé. Les mains de l’adulte restent constamment en contact avec le corps de l’enfant.

-         l’enveloppe sonore et verbale qui semble tissée de la connaissance du corps du bébé et relie constamment ce qui vient de se passer à ce qui va se passer.

L’adulte accueille les manifestations émotionnelles et pulsionnelles du bébé et lui en restitue un écho organisé, l’aidant ainsi à s’apaiser, à réguler son excitation.

            5°. Comportement professionnel

A l’institut Loczy, un maternage compatible avec la vie en institution est instauré : il tend à éviter la dépendance.

Les nurses font preuve de contrôle de soi, elles sont parfois peu maternelles. Prendre de la distance paraît primordial, tout en maintenant les échanges affectifs.

Cela nécessite des connaissances spécifiques et de la maturité.

L’acceptation des exigences d’une telle entreprise impose des efforts conscients, une organisation minutieuse, de la discipline, mais surtout un intense intérêt pour l’épanouissement de l’enfant.

Emmi Pikler engage des jeunes filles, leur enseigne les soins à sa manière, c'est-à-dire en prenant son temps, et en donnant attention aux enfants, avec tendresse pour être attentif à ce qu’ils ressentent et les mettre dans une situation où ils seraient vraiment actifs, si petits soient-ils.

La transmission des informations entre adultes permet qu’ils aient à l’esprit la continuité de la vie quotidienne de l’enfant et puissent la lui transmettre.

Le personnel est donc constamment encadré et formé.

Il s’agit bien ici d’un travail, tant sur soi-même qu’auprès des enfants, pour lequel le cadre institutionnel et le travail en équipe sont précieux.

Les outils pendant les repas :

 

1.   L’ensemble table/chaise (appelé aussi chaise Loczy)

.Elle est proposé vers 18/20 mois

.L’enfant ne peut pas glisser avec ce matériel, ne tombe pas, ne bascule pas, et ses pieds touchent le sol.

2. Verre/bol/cuillère

.il est en duralex

.le bol est mieux que l’assiette car il est difficile de racler dans une assiette plate L’enfant doit pouvoir poser la main sur son verre et plus tard le tenir avec un peu d’aide

3. Bavoir

.Il ne faut pas le mettre sous l’assiette

4. Table/chaise

.C’est celle qui est la plus appropriée

.Elle a 4 places avec des petits tabourets

.Elle doit être agréable au regard, avec une belle nappe lavable et une belle vaisselle

.Pas de bavoir si l’enfant est autonome et propre

 

Les enfants qui mangent à la table/chaise n’y font qu’un seul repas dans la journée. Pour qu’il y aient accès, il faut que l’enfant puisse s’asseoir et se relever seul ; il faut qu’il sache boire seul sur les genoux de l’adulte, en tenant son verre et en l’inclinant correctement ; il faut qu’il comprenne ce qu’on attend de lui ; et surtout il faut qu’il ait envie d’en faire l’expérience. L’adulte doit s’installer confortablement en face de l’enfant en sachant à quel moment il faut le laisser, l’aider ou l’encourager. De même, les nurses évitent de faire asseoir un enfant à la table commune s’il n’a pas la maturité nécessaire. Ce repas se transformerait en contrainte pour l’enfant  ainsi que pour l’adulte. La table/chaise est une des étapes nécessaire à la distanciation du contact corporel entre l’adulte et l’enfant. Cependant, si l’enfant désire revenir sur les genoux, les nurses ne le lui refusent pas. Enfin, les nurses utilisent des variantes pour faire prendre le repas, si les enfants d’un même groupe se trouvent à des niveaux différents dans l’acquisition de leur autonomie par rapport au repas.

 

 

III. Limites et inconvénients

 

Le caractère des enfants

Les enfants de l’Institut Emmi Pikler comparés à ceux qui vivent dans une famille acquièrent quelque chose de sérieux. Ils ont attentifs, réfléchis avec un je ne sais quoi de fragile. Ils présentent en fait des signes de maturité précoce et de fragilité affective, même si les  différentes étapes du développement sont franchies au rythme de l’enfant.

 

Lien de dépendance affective

Le départ des enfants lorsqu’il se fait après 15 mois ne peut éviter la rupture de l’attachement fondamental et le deuil à vivre est difficile. L’aliénation du milieu existe puisque les enfants ne connaissent en fait que les adultes qui ne font que s’occuper d’eux. Ils ne les connaissent pas dans les autres situations de la vie (référence couple). L’identification à l’adulte est donc limitée.

 

Les risques du maternage de Loczy (absence de conflit)

Dans leur famille, les enfants grandissent par les conflits. Or cette relation conflictuelle existe peu dans la relation avec l’adulte dans l’Institut Emmi Pickler. Les nurses réagissent en fonction des enfants (elles essaient de ne pas faire en fonction de leurs motivations profondes à elles).Les enfants ne sont pas préparés aux conflits avec les adultes.

Conclusion : il ne faut pas oublier que l’Institut Emmi Pickler donne certainement plus aux enfants d’atouts qu’il ne leur retire de possibilités.

 

Exposé "Les Nouvelles Familles" (2nde partie)

4.     Les familles recomposées

 La définition de l’Institut National d’Etude Démographique :

Une famille recomposée (famille mosaïque) comprend un couple d’adultes, mariés ou non, et au moins un enfant né d’une union précédente de l’un des conjoints.

Les enfants qui vivent avec leurs deux parents et des demi-frères ou demi-sœurs font donc aussi partie en principe d’une famille recomposée.

Cependant, leur famille d’origine ne s’est pas désunie et ne s’est donc pas recomposée.

 

Avec 660 000 familles recomposées (8% des familles françaises), le paysage familial français s’est transformé.

De plus en plus la rivalité entre les deux familles possible, l’ancienne et la nouvelle, apparaît incompatible avec la réalité concrète où la référence familiale ne se confond plus avec la référence à un foyer.

Dans les cas où les deux parents ont maintenu un lien concret avec les enfants de leur union rompue, ceux-ci vont et viennent entre deux maisons, et avec eux circulent des obligations, des contraintes, de l’argent, des négociations traduisant la valeur accordée désormais aussi bien à la préservation des liens de filiation, qu’à la légitimité de la seconde union.

 

Le réseau recomposé ne peut fonctionner que si les ex-époux parviennent à accepter que, dès lors qu’ils sont parents, leur séparation ne sera jamais totale, leur liberté jamais entièrement retrouvée.

Ils doivent accepter que leurs relations perdurent sous une forme différente : « Rester deux parents en ne constituant plus un couple ».

La loi de 1993 dit : le couple parental doit rester associé, même si la relation conjugale est achevée, qu’ils aient été mariés ou non. Les parents exercent une responsabilité conjointe à l’égard de leurs enfants. Mais en cas de mésentente sur les régimes de garde, les parents se retrouvent dans le bureau d’un juge, qui ne pourra statuer en son âme et conscience que selon des critères flous de « l’intérêt de l’enfant ».

Les parents doivent situer l’enfant dans leur propre histoire, ils doivent l’inscrire dans leurs liens anciens comme dans les nouveaux. Il faut que l’enfant ait sa place dans ce changement.

Selon Irène Théry, sociologue, l’enfant serait le grand bénéficiaire de ces mutations du lien familial. Car l’enfant est respecté en tant que personne et ses parents lui donnent tout leur amour.

 

Les familles recomposées que l’on peut nommer « nouvelles tribus » ne sont pas le retour à la famille élargie d’autrefois, entièrement construite selon le schéma matrimonial de la parenté et de l’alliance.

Les places respectives de chacun ne sont pas claires.

Dans ces familles, les négociations entre adultes, dans lesquelles se mêlent la passion, la raison et les enjeux identitaires, doivent être permanentes.

Cela demande de la part des seconds époux ou compagnons beaucoup d’acceptation : leur propre histoire conjugale ne commence pas à la rencontre de cette femme ou de cet homme, et ils n’effaceront jamais le passé. Ils héritent de la vie conjugale de l’autre. Ils doivent gérer leurs propres relations avec toutes les personnes de la famille et garder la « juste distance ».

Tout cela bouleverse des repères profondément ancrés, et de plus ces individus ne peuvent pas s’appuyer sur des normes claires.

Aujourd’hui, la majorité des beaux parents se définissent comme « ni parents, ni amis ».

Cela trouble les représentations les plus profondes de la parentalité et de l’amitié.

Bien souvent les beaux-parents souhaitent transmettre leurs biens au bel enfant.

Ils les ont aimés également et veulent leur transmettre la même part de biens.

Cela est un fait nouveau, et le droit français n’a rien prévu pour cela.

Les familles recomposées inventent de nouvelles relations, entre le compagnon de la mère et ses enfants, entre demi-frères et faux frères, entre vrais et faux grands-parents.

Elles ont du mal à être nommées par la loi, et pour cause, car elles sont fluctuantes et complexes.

Ces liens des familles recomposées témoignent bien d’une évolution essentielle de la définition des familles contemporaines.

Aujourd’hui, les nouvelles familles se posent la question sur le couple homosexuel : est-il une famille, et donc a-t-il droit à l’enfant ?

 

5.     Couples homosexuels et homoparentalité

a)      Couple homosexuels et homoparentalité

[Selon Eric Dubreuil, Président de l’association des parents et des futurs parents gays et lesbiens]

En France le système de filiation est bien défini par la loi, c'est-à-dire qu’il semble renvoyer au mariage plus en tant qu’institution qu’en tant que contrat.

Selon les opposants à l’homosexualité, l’homosexuel s’il se considère comme parent, ne se placerait pas dans ce cadre légal et symbolique. Ainsi, en étant  homosexuel, un individu se refuserait (inconsciemment) le droit d’être parent.

L’homosexualité renvoie à deux débats souvent indissociables :

·   Le mariage homosexuel

·   L’homoparentalité

 

b)      Le mariage homosexuel / le P.A.C.S

Depuis plusieurs années, les couples homosexuels sont en quête de reconnaissance de leur couple, au même titre que les hétérosexuels.

En  novembre 1999, le P.A.C.S (Pacte Civil de Solidarité) a été instauré. Celui-ci donnant un statut légal aux couples non mariés homosexuels et hétérosexuels. C’était surtout une réponse aux revendications des homosexuels. Il accorde des droits et des devoirs qui sont pour certains très proches, voir les mêmes que ceux du mariage.

Lors de la 1ère année où il a été instauré, on comptait environ 6500 couples Pacsés (hétérosexuels et homosexuels).  En 2005, ce nombre s’élevait à 200.000. Chaque année le nombre de Pacsés annuels est en augmentation.

Seulement la demande des homosexuels, était un accès au mariage au même titre que les hétérosexuelles

Certains hommes politiques préfèrent faire évoluer le P.A.C.S, plutôt que de donner accès au mariage aux homosexuels.

 

c)      L’homoparentalité

On compte en 2005,  100.000 à 250.000 familles homoparentales.

Il est possible de repérer de multiples formes familiales de l’homoparentalité :

  • la recomposition familiale : un enfant naît d’un couple hétérosexuel qui se sépare et sera ensuite élevé par ses parents séparés dont au moins l’un est « devenu » homosexuel.
  • la co-parentalité : un gay et une lesbienne décident d’avoir un enfant soit par procréation médicalement assistée, soit par méthode « artisanale » (sans soutien médical), l’enfant étant ensuite élevé dans deux foyers. Souvent, une charte des droits entre les deux parents est établie et déposée chez un notaire. Ici, les deux parents homosexuels sont bien père et mère biologiques de l’enfant. Les autres personnes des couples éventuels sont dans un statut de beaux-parents non reconnu par la loi.
  • l’adoption par un(e) célibataire : un enfant est adopté après agrément de l’intéressé(e). Rappelons qu’il existe actuellement une discrimination scandaleuse entre les célibataires demandeurs en fonction de leur orientation sexuelle.
  • l’insémination artificielle d’une homosexuelle (donc forcément célibataire) : ce procédé est interdit en France, mais existe légalement en Belgique, en Grande-Bretagne ou aux Pays-Bas. L’enfant est reconnu sur le territoire national et est élevé par sa mère et sa compagne éventuelle.
  • le recours à une mère de substitution (mère porteuse) : ce cas est plus rare et est aussi illégal en France.

 D’un point de vue légal, les choses sont relativement « simples » : la filiation ne peut s’entendre aujourd’hui que si les parents sont deux personnes de sexe différent, le mariage étant censé être le garant de cet ordre.

 

Les opposants de l’homoparentalité (professionnels ou non) mettent en avant :

  • L’absence de deux images parentales marquées par la division des sexes pour se construire harmonieusement.
  • Le risque pour les enfants dont les parents sont homosexuels d’être la cible des réactions de la société, de la stigmatisation, et ainsi d’avoir des difficultés à vivre ceci.
  • L’intérêt de l’enfant, et les troubles qui peuvent se développer.
  • La compétence des parents à être de « bons parents ».

 Afin d’évaluer les risques potentiels, des études ont été menées par des professionnels de plusieurs pays, ceci depuis plusieurs années.

Les conclusions suivantes ont découlé des études réalisées aux Etats-Unis, en Angleterre et en France.

L’homosexualité est compatible avec le rôle efficace de parent, les aptitudes sont égales à celles des hétérosexuels. La qualité de la relation parentale prime sur tout le reste, l’essentiel étant d’avoir des adultes cohérents avec de bonnes compétences éducatives. Ces enfants ne montrent pas plus de problèmes psychologique que les autres.

Stéphane Nadaud, pédopsychiatre français, déclare selon ces études que ces enfants ont tendance à être plus actifs, plus timides et moins sociables que la moyenne (ceci étant lié à la stigmatisation), mais qu’ils présentent d’excellente capacité d’adaptation.



[1] En plus des parents et des enfants, on trouve dans la maisonnée les ascendants, les descendants, et les collatéraux (frères, sœurs, cousins germains ou encore oncles et tantes)

[2] Professeur à Paris V, directeur de recherches sur les liens sociaux 

[3] Sociologue directeur de recherches au C.N.R.S

[4] Le Pacte Civil de Solidarité est un contrat.

[5] Sociologue

[6] Directrice d’étude à l’école des hautes études en sciences sociales

Exposé "Les Nouvelles Familles" (1ère partie)

EXPOSE SUR LES NOUVELLES FAMILLES

 

1.     La famille : contexte socio-historique

Le modèle de référence de la famille occidentale dans les années 60, la famille dite nucléaire, rassemblant sous le même toit les parents et leurs enfants, a en un quart de siècle pourtant explosé. Tout a commencé a la fin des années 60. L’augmentation brutale du nombre de divorces a révélé la première brèche. Parallèlement aux divorces, on a assisté à l’essor de « l’union libre ».

De ces unions sans mariage, vont pourtant naître des couples stables et des enfants. Ils représentent aujourd’hui 45 % des premières naissances.

Les divorces et ruptures de concubinages ont conduit donc à une augmentation des familles dites « monoparentales », (pour l’immense majorité, il s’agit d’une mère qui vit seule avec ses enfants).

De plus en plus, la vie et le contexte social influencent notre vie sentimentale. Celle-ci alternant phases de solitude, et de concubinage (ruptures et rencontres). L’instabilité du couple et par la même de la famille aujourd’hui paraît reproduire l’instabilité de la vie professionnelle, marquée par de l’intérim, des CDD, des stages, le chômage…

Néanmoins, la montée du divorce, du célibat, de l’union libre, ne signifie pas que la famille n’existe plus, elle se conçoit en fait sous d’autres formes, plus diverses. Aujourd’hui, plus de modèle unique! « La famille peut être monoparentale ou recomposée, constituée d’un couple mixte marié ou non marié, ou encore homosexuel, de demi frères et de demi sœurs, d’enfants adoptés ou « fabriqués », dont la parenté biologique ne coïncide plus avec la parenté domestique. » (« L’éclatement des modèles familiaux » Martine Fournier, journaliste scientifique au magasine Sciences Humaines).

 

Pourquoi ces changements ?

Pour plusieurs raisons : économiques,  démographique, scientifiques, sociales et culturelles. Tout d’abord, avec la montée des femmes sur le marché du travail, mais aussi avec les progrès scientifiques, permettant la contraception et le contrôle des naissances, la libéralisation des mœurs concrétisée par des acquis comme la loi sur l’avortement ou le divorce par consentement mutuel…

On assiste également à des changements du côté des valeurs. En effet, le modèle patriarcal n’est plus d’actualité. Frédéric Le Play, ingénieur et économiste français, l’un des pionniers de la sociologie empirique, avait repéré trois grands types de famille :

·        Famille instable : qui correspond a la famille nucléaire, ou parents et enfants vivent au foyer, mais tous les enfants quittent la maison des qu’ils sont adultes et mariés.

·        Famille patriarcale, une forme de famille élargie[1] ou « tous les fils se marient et s’établissent au foyer paternel ».

·        Famille souche : Famille élargie ou vivent dans un même foyer plusieurs générations : les aïeuls et leurs enfants, dont le fils aîné (l’héritier) avec sa femme et ses enfants.

 

Or, ce temps des familles dites traditionnelles est bien révolu. Depuis les années 70, les valeurs individualistes, mettent l’accent sur la liberté, l’autonomie et l’épanouissement de chacun. La famille contemporaine, loin du modèle de la famille bourgeoise de la fin du 19ème  siècle, doit garantir aux adultes et aux enfants, comme l’écrit François De Singly[2], un « havre de paix ou il fait bon vivre et ou chacun peut développer sa personnalité ». Cette conception de l’individu en groupe a des effets sur la définition de la famille. Les liens noués dans la vie ordinaire l’emportent sur les liens du sang. Contrairement a « l’axe vertical » de la famille traditionnelle, la famille contemporaine met en avant « l’axe horizontal », celui de l’échange mutuel, beaucoup plus valorisé que la transmission des valeurs et d’un patrimoine.

 

Qu’en est-il de l’Etat ?

Depuis une trentaine d’années il a multiplié les réformes, les lois, les prestations, pour s’adapter aux évolutions de la famille contemporaine.

Quelques réformes :

§         1965 : Le mari n’est plus le « chef de famille ».

§         1975 : Instauration du divorce « par consentement mutuel ».

§         1976 : Allocation de parent isolé.

§         1987 : L’autorité parentale devient « conjointe », que les parents soient mariés    ou non.

§         2001 : Congé parental de maternité.

 

Nous avons donc vu que les rôles et places de chacun au sein de la famille avaient évolué. Il n’existe plus une famille type mais plusieurs. Tous ces bouleversements n’excluent pas et bien au contraire la question du mariage. Qu’en est-il aujourd’hui de cette autre institution ? Même s’il se maintient mieux qu’il n’y paraît, il change de sens.

 

2.     Une institution : le mariage

Le mariage est un acte juridique qui requiert le consentement d’un homme et d’une femme.

Le mariage oblige les époux à la cohabitation, la fidélité, l’assistance et le secours. La coutume veut que la femme utilise le nom de son mari mais elle conserve son patronyme.

 

Le mariage, en tant qu’institution, existe dans la quasi-totalité des cultures. Il a pour objectifs essentiels d’assurer la direction morale et matérielle de la famille et de pourvoir à l’éducation des enfants. Les modalités religieuses ou juridiques du mariage varient grandement d’une culture à une autre.

Jean-Claude Kaufmann[3] énonce dans son article (« Le mariage n’est plus ce qu’il était ») l’évolution historique du mariage.

Le mariage fut d’abord institué par la religion chrétienne, établissant des règles morales, et l’importance du sacré unissant pour la vie et devant Dieu un homme et une femme, en vue de créer une morale dogmatique.

La religion chrétienne étant dominante dans notre pays depuis plus d’un millier d’année, elle ancra fortement les principes moraux du péché, incitant les époux à privilégier la monogamie.

 

La révolution française a enlevé au mariage religieux son caractère obligatoire.

La religion a perdu de son influence au fil des années, et se trouve en contre-balancement avec d’autres mouvements plus libéraux (mouvements de la femme dans les années 70) conduisant la population vers une libération des mœurs.

De nos jours les couples n’attendent plus de se marier pour vivre ensemble. La notion d’union libre apparaît. Les raisons pourraient en être : le rejet de l’enfermement institutionnel, la volonté de vivre selon ses sentiments, le refus de l’ingérence civique ou religieuse dans la vie privée du couple.

Par conséquent, le mariage a entièrement changé de rôle dans la vie conjugale des mariés.

Les couples qui s’unissent pour la vie ne représentent plus cette valeur fondamentale dans l’existence d’un adulte.

 

Cependant, il adviendrait après une vie commune le désir de marquer symboliquement leur engagement volontaire et mûrement réfléchi.

Je cite Jean-Claude Kaufmann : « Pour donner du poids à cette transition identitaire, les anciens rituels sont néanmoins maintenus (tout étant remis au goût du jour). Malgré toutes les envies de cérémonies originales, voire loufoque, il faut que le mariage reste un vrai mariage pour que le symbole fonctionne. »

 

Aujourd’hui on continue… finalement…à beaucoup se marier, mais pas tout de suite, pas trop vite et peut-être pas non plus pour toujours.

Le mariage est également un jour décisif marquant la vie du couple de façon remémorative dans leur future aventure.

Cependant, la remise en cause de l’institution matrimoniale dure plus ou moins longtemps selon les milieux sociaux et elle ne relève pas toujours des mêmes conceptions idéologiques. Mais ces phénomènes, dans tous les milieux, aboutissent à un retard de l’âge du mariage qui n’est pas sans incidence sur la fécondité.

Le mariage moderne est également l’émancipation des individus.

Le philosophe Charles Taylor, pense que le mariage est une institution au service des hommes et des femmes, et non pas l’inverse, une institution demandant des services.

Ainsi, notre société en constante évolution des mœurs et des mentalités, se confronte à l’institution matrimoniale. L’idée de progrès n’est guère concevable. Il faut apprivoiser toute innovation lentement.

 

La communauté homosexuelle revendique les mêmes droits au mariage que les hétérosexuels.

François de Singly, affirme l’idée suivante : « pour que chacun puisse mener la vie qu’il veut, il doit avoir des droits comparables aux autres. »

Les homosexuels exclus au droit au mariage sont des usagers du P.A.C.S.[4] Il est conclu entre deux personnes physiques pour organiser leur vie commune. Les deux personnes doivent être majeures (il est impossible de conclure un P.A.C.S à trois ou plus) de sexe différent ou de même sexe.

Les personnes liées par le P.A.C.S doivent disposer d’une résidence commune (même si le domicile peut être éventuellement séparé). Une célébration du P.A.C.S peut être effectuée en Mairie, en s’adressant au cabinet du Maire.

La banalisation du P.A.C.S auprès des citoyens devrait permettre d’aborder plus calmement les débats futurs sur le mariage.

Bien des pays ont franchi le pas, autorisant les couples homosexuels à se marier et adopter des enfants.

Eric Fassin[5] a écrit dans son article (homosexuel et famille) que « le modèle américain, ou plutôt hawaïen, du mariage est au fondement de la citoyenneté. Il doit être ouvert à tous, sans discrimination de sexe ou de sexualité. A la différence des modèles français et scandinave, il ouvrirait tous les droits liés au mariage et d’abord le droit à l’enfant. »

Le mariage est désormais centré sur les liens affectifs.

Selon Irène Thery[6], dans son article (« A la croisée des liens ») « les couples contemporains rêvent de construire leur lien comme une histoire et un dialogue, se poursuivant au sein même de la famille. Le couple étant l’origine de la création de la famille, elle favorise l’épanouissement des grands et des petits, des parents et des enfants. »

Dès lors, l’histoire d’amour raconte toujours le même évènement : la naissance du sentiment amoureux.

 

On rencontre aujourd’hui son conjoint dans un large éventail de lieux (son travail, les activités de loisirs, lieux publics…).

Le choix offert aux partenaires, aux couples hétérosexuels ou homosexuels, comme il est de règle dans la société de consommation, de vivre ensemble selon les modes les plus diverses : cohabitation épisodique, concubinage, P.A.C.S, mariage, et d’en changer à leur guise au fil du temps et des humeurs, modifie la conception du mariage.

 

Le mariage religieux, s’il n’est qu’une convention sociale, n’ajoute rien à la qualité du lien affectif du couple. Pour les autres, ceux qui ont recours au sacrement sans adhésion à l’ensemble de la religion, le mariage est une convention intégrée dans la société contemporaine.

Les conséquences du mariage actuel nous entraînent vers le démariage et le remariage multiples à tous les âges.

 

3.     Les nouvelles relations Hommes/Femmes

a) Définition du couple

Sociologiquement parlant, ce terme désigne la réunion de deux personnes. Historiquement, en Occident, il se réfère à l’union d’un homme et d’une femme, couple hétérosexuel, mais les débats sociaux du XXème siècle ont modifié la perception de ce qu’est un couple (L’union entre deux partenaires du même sexe forme aussi un couple. A ce moment on parlera de couple homosexuel).

 

b) Historique du concept d’identité

Extrait d’un article paru dans la revue « Sciences de l’homme et société » en 2004 : La révolution des identités : invention de soi et contraintes sociales  par Jean-Claude Kaufmann.

Ce concept commence à prendre vraiment forme à partir de la création du carnet anthropométrique d’identité en 1912 puis de la carte d’identité en 1940. Ces papiers ont pour but à la base le contrôle de certains groupes de populations déracinées qui échappent au contrôle de la communauté territoriale (Ex. : le carnet ouvrier pour les travailleurs nomades). Cependant, ces projets font apparaître une idée implicite, celle que toute la réalité d’une personne peut se résumer sur un bout de papier. L’identité devient une donnée extrêmement simple et contrôlable. Or, Jean-Claude Kaufmann affirme que c’est tout l’inverse, que c’est un concept extraordinairement complexe et insaisissable.

Et même si cette simplification était nécessaire du point de vue l’Etat pour des facilités de gestion administrative, le problème va se poser quant au fait que cette réduction va s’étendre aux points de vue individuels. Le concept d’identité va donc être popularisé par la carte d’identité mais en même temps être déformé, simplifié.

Néanmoins, l’auteur nous met en garde contre la confusion possible qu’il peut y avoir entre individu et identité alors que se sont deux idées qu’il faut bien distinguer. Le processus identitaire est un phénomène récent, un nombre croissant de sociologues commence d’ailleurs à s’accorder sur la récente rupture historique que nous vivons depuis ces dernières décennies. En effet, ils distinguent une « Première modernité » (s’étalant du siècle des Lumières jusqu’aux années 50) d’une « Seconde modernité » marquée par les révolutions des années 60 et se continuant à présent.

Cette « Seconde modernité » voit donc apparaître l’émergence de l’individu, maître de son destin, capable de donner un sens à son être et à ses actions, qui l’emporte sur le destin imposé par la société. Ces grands bouleversements induisent alors des modifications radicales dans nos comportements, et notamment des relations que vont entretenir les deux conjoints au sein de leur couple.

 

c) Les liens entre hommes et femmes à l’heure actuelle

Extrait d’un article paru dans la revue « L’école des parents » de Juillet-Août 2000 : Le nouveau pari des couples (Entretien avec François de SINGLY, sociologue et professeur en Faculté)

Une enquête récente montre que ce qui est recherché dans la vie commune n’est pas le grand amour mais l’écoute (qui peut être apportée aussi bien par un proche que par un conjoint). Chez les jeunes couples aujourd’hui la passion est rare mais la réciprocité dans les attentions est attendue. Beaucoup de plaintes, de ruptures au sein du couple ont pour origine un déséquilibre dans cet échange affectif.

C’est un grand bouleversement dans le fonctionnement des couples par rapport à la génération précédente, avant les femmes étaient « naturellement » attentives à leur mari et à leur(s) enfant(s). Aujourd’hui, elles attendent de leur partenaire qu’il lui rende la pareille, sans cette reconnaissance, la vie conjugale peut leur paraître trop coûteuse. Malheureusement, les hommes n’ont que peu changés, beaucoup moins que les femmes, ils sont plus dans la continuité, moins dans l’écoute et la communication, d’où le mécontentement fréquent des femmes.

Un deuxième principe important qui ressort est que la vie commune n’interdit pas les activités propres et séparées. Il va donc y avoir un ajustement permanent entres ces deux principes qui sera source de fragilité dans le couple.

Un paradoxe a donc été introduit dans les nouveaux couples : mettre de la distance dans une idéologie qui repose sur le rapprochement (celle du couple). En tant qu’individu, on a besoin du regard de l’autre pour s’épanouir, et dans le même temps l’on souhaite conserver des activités, des amis propres à soi par peur de perdre son identité dans un amour fusionnel. Il y a un fort besoin de se reconstituer à l’intérieur d’un groupe homogène comme c’était le cas dans les années 30 lorsque les hommes allaient au café ou dans des clubs tandis que les femmes se retrouvaient au lavoir ou autour du thé. Alors que de 1930 à 1960 ces pratiques n’existaient plus, elles reviennent aujourd’hui en force : il n’y a plus d’alternance vie amicale/vie conjugale mais un cumul.

S’ajuster devient très délicat, il n’y a plus de codes, de repères, les comportements sont devenus imprévisibles d’où une instabilité dans les couples, quels qu’ils soient (mariés, concubins, pacsés). En contrepartie jamais le sentiment de liberté, essentiel aujourd’hui, n’a été aussi fort au sein du couple ainsi que l’impression de ne pas sombrer dans la routine.

On peut donc constaté qu’à l’heure actuelle il s’opère de nombreux bouleversements dans le fonctionnement du couple et plus largement dans tous nos comportements. La société est en pleine mutation, héritage des révolutions intellectuelles et sociales des années 60-70, dont les répercussions se font encore sentir de nos jours et de façon intense. Beaucoup de repères traditionnels sont tombés, la montée en puissance de l’individualisme n’a jamais été aussi forte. Il subsiste pourtant encore de nombreuses inégalités entre les hommes et les femmes et une prégnance de notre héritage culturelle. Tout cela fait qu’à présent une certaine confusion règne quant aux comportements à adopter au sein du couple, à l’origine de nouveaux modèles de familles, de plus en plus souvent recomposées.

bravo amandine pour ton initiative

ouais bravo j'espère comme le dit cédric que les infos vont circuler: donc si quelqu'un a des mémoires à me faire lire sur l'hopital je suis preneuse!!! je rigole ho la la on peut bien rire non! n'empéche que! pour l'instant je ne sais pas comment il faut faire pour envoyer des liens mais je vais essayer. @ + michèle
 
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